Le Pont des Arts et des Rencontres Culturelles Blanche Maynadier
SUR L’AUTEUR
Après sa participation à Des mots sur un plateau, ouvrage collectif issu d’un atelier d’écriture, publié en 2014, Marie-Noëlle Epelly, a réuni et organisé des souvenirs de sa famille dans le livre Aline, édité en 2017 qui évoque sa sœur disparue.
Dans ce livre Indépendances, Marie-Noëlle Epelly propose un récit biographique.
Ces trois livres sont parus dans la Collection Le Parc
dirigée par Martial Maynadier
Avant-propos
Je ne me rappelle pas le jour où m’est venue l’idée d’écrire sur les quatre années que j’ai passées en Algérie. Je crois avoir toujours porté en moi ce livre, à la fois récit ancré dans l’histoire, fresque en hommage aux paysages somptueux de ce pays, évocation d’émotions violentes, contradictoires, ambigües, mais aussi carnet intime d’une initiation à l’ailleurs, à la nuance, à l’incertain.
Il m’a suffi au gré des partages d’écritures entre amis, d’ouvrir le coffret de ma mémoire, plein d’images et de sensations, ravivées par le spectacle d’un « chibani[1] » accoudé à la balustrade de Trévoux et contemplant la Saône, une odeur aigrelette de poivrons grillés un soir d’été, le parfum pénétrant qui se dégage de nos prairies après la pluie, qui m’avait tant manqué, alors. Ces moments retrouvés et jamais perdus, je les ai cueillis comme on ramasse un fruit familier. Les phrases venaient aisément, mûries par les années, mais sans dépôt, claires et vraies. Et peu à peu, la mosaïque s’est construite, les motifs se sont mis en place, les lignes de force se sont imposées.
Très vite, j’ai souhaité dire « je ». Mais choisir la première personne me semblait très audacieux. J’hésitais. Ces événements, je ne les avais pas vécus seule, j’étais en symbiose avec ceux qui m’entouraient, m’aimaient et partageaient la même expérience. Néanmoins, j’ai osé écrire à la première personne. Une fois ce pas franchi, ma parole a été plus facile. Grâce à ce livre que j’ai voulu nommer Indépendances, je me suis ressaisie de mon histoire, j’ai compris que cette période m’avait bouleversée, mise à nu, façonnée.
Aujourd’hui ce livre est terminé. Il va vivre sa vie.
L’an prochain, je souhaite retourner en Oranie, revoir les lieux où j’ai vécu. Inch Allah !
Février 2019
DEBUT DU LIVRE
Le départ
La malle en tôle vert foncé, « la cantine », est déjà pleine. Uniquement l’essentiel ! Quel casse-tête ! J’opte pour la cocotte-minute, le petit lave-linge Calor bleu, des couvertures, des draps et des livres de classe.
À Dieu vat ou plutôt : Inch Allah !
En ce début de Septembre 1970, c’est le départ pour Sidi Bel Abbès en Algérie. Michel, mon mari, est nommé coopérant pour deux ans dans un lycée : il évite ainsi le service militaire et moi, je serai aussi enseignante. Le dernier télégramme de confirmation vient juste d’arriver. J’étais inquiète car, en raison des tensions entre la France et l’Algérie au sujet du pétrole, le ministère français de la Coopération a supprimé les postes de coopérants civils, correspondant à mon statut. Heureusement, l’Algérie propose d’embaucher en contrat local les épouses des « VSNA » (volontaires du service national actif) ou coopérants militaires. L’incertitude a pesé ces derniers jours, mais maintenant je suis soulagée : je suis nommée au lycée En Nadjah à Sidi Bel Abbès. Un petit télégramme bleu me l’a confirmé ce matin.
Depuis le mois de Juin, je vis dans l’attente de ce moment. L’aventure me plaît. Pourtant, Emmanuelle, ma fille est bien jeune, seize mois, et la fin de la guerre d’Algérie ne date que de 1962. Toutes les plaies ne sont pas encore cicatrisées.
Changer d’air, ne plus subir ces années de plomb qui ont suivi l’exaltation de Mai 68. La société française, ou du moins celle qui est la mienne à Lyon, semble s’être refermée sur elle-même, comme abasourdie par ce qu’elle a vécu. Là où nous allons, nous serons sans doute utiles, et surtout, j’aspire à découvrir ce pays qui a fasciné mon père. De retour de ses voyages d’affaires à Oran ou à Alger, il rapportait un parfum d’exotisme qui excitait ma curiosité.
Je rejoins mon mari à Aix en Provence où l’armée donne les dernières instructions aux VSNA avant le départ. C’est le soir, il fait doux, et enivrés par l’approche du départ, nous déambulons sur le Cours Mirabeau. Emmanuelle est drôle comme tout. Elle a déjà séduit notre nouveau compagnon, Max, villeurbannais généreux et jovial, qui part lui aussi pour Sidi Bel Abbès. Le lendemain, vol pour Oran, dans un avion affrété par l’armée.
Quant à notre voiture, une 4L de couleur bordeaux, elle attend dans le port de Marseille d’être embarquée. Elle contient le lit pliant d’Emmanuelle et son « baby relax », solidement enchaînés à l’intérieur pour décourager les voleurs.
C’est étrange, je ne me souviens pas avoir eu peur de ce départ, de ce changement de vie, de l’inconnu. Seuls la curiosité et l’appétit de vivre m’animent. J’ai 23 ans et j’ai hâte de découvrir la ville où nous devons passer deux ans, au moins !
Trajet Oran-Sidi Bel Abbès
Tout se bouscule pendant ces deux semaines d’installation. Pas le temps de philosopher, ni surtout de regretter, bien au contraire. Les autres coopérants, déjà installés depuis un an ou deux, nous accueillent magnifiquement. Louis, breton enthousiaste, nous attend avec sa voiture devant le lycée d’Oran, où nous avons dormi. Le trajet d’une heure entre Oran et Bel Abbès passe comme un éclair.
Volubile, Louis veut tout nous expliquer et la conversation passe du coq à l’âne : notre futur logement, les lycées où nous enseignerons, la vie quotidienne, les relations avec les Algériens. Nous voilà sortis d’Oran. Emmanuelle s’est endormie sur mes genoux.
– Regardez à votre droite, c’est la sebkha.
– Ah bon ?
– Oui, c’est un lac salé, un chott. En septembre, il est complètement asséché.
Je suis subjuguée par cette vaste étendue blanchâtre et éblouissante, à la surface craquelée. Des dépôts de sel laissent des traces grisâtres par endroits.
Une sebkha ! Jusqu’à ce jour, j’ignorais l’existence d’une telle formation géologique. Cette découverte me bouleverse : je suis bien en Afrique du Nord. J’ai changé de continent, je n’ai plus aucun repère. J’exulte !
La route parcourt un plateau immense brûlé par le soleil. Les champs sont secs, ocre brun, rocailleux. Parfois nous apercevons des demeures qui se dressent au bout de longues allées d’oliviers. Des propriétés d’anciens colons. Nous traversons quelques bourgades : Oued Tlelat, Sidi Brahim, où une église trône au centre d’un quadrillage de rues désertes écrasées par la chaleur de cette fin de matinée. Peu de voitures, de rares piétons : des femmes enveloppées dans un voile blanc, des hommes aux turbans jaune orangé. Quelques bourricots, des charrettes, des chiens errants. Des arbres au tronc blanc, enduit de lait de chaud. Chaleur oppressante, sensation de vide.
Des souvenirs de mon adolescence émergent à ma conscience et me troublent. J’arrive sur cette terre, théâtre d’une guerre terrible, dont les échos résonnent encore à mes oreilles. Un de mes cousins a « fait l’Algérie ». Le silence a marqué son retour.
Jeune « Guide de France », j’ai accueilli en 1962, à la gare de Perrache, des familles de rapatriés, hagardes. Des colis, des ballots, des regards égarés. Je me souviens aussi qu’une jeune « pied noir » avait rejoint notre classe en cours d’année. Je revois son visage. Elle était fière et belle mais ses courts cheveux bruns avaient blanchi prématurément. Elle venait d’Alger et avait connu la terreur.
Je repense aussi aux articles de journaux sur les « événements », aux attentats sanglants du FLN, de l’OAS, aux discours du général de Gaulle, aux slogans sur les murs, aux manifestations de haine, au martèlement rythmé de Al-gé-rie fran-çaise, Al-gé-rie fran-çaise.
Ai-je bien le droit de venir dans ce pays qui a acquis son indépendance et d’où les Français ont été chassés ? Comment allons-nous être perçus, reçus ? Serons-nous acceptés ?
[1] Le terme chibani signifie, en arabe maghrébin, une personne âgée, un ancien, un sage.
Derniers commentaires
10.05 | 13:25
Hello Didier,
Après Art-Cœur, un autre point de contact avec tes mondes poétiques, j'attends la prochaine rencontre avec impatience,
Christian
24.04 | 07:54
"La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer le silence" (Miles Davis)
08.11 | 18:36
Bonjour, j'ai cotoyé votre maman à Molay et je voudrais vous envoyer une photo que j'ai prise devant sa maison natale
07.08 | 16:21
CONTRAT
DE PUBLICATION D’OUVRAGES
DANS LA « COLLECTION LE PARC »
Entre :
L’association « Pont des Arts et Rencontres Culturelles – Blanche Maynadier »
1, rue des Aubépines 27930 GRAVIGNY
Représentée par Monsieur Martial MAYNADIER
Son PRESIDENT d’une part
ET : L’AUTEUR, d’autre part,
M………………………..
Adresse………………..
………………………….
mail…………………….
Tel………………………
Pour un ouvrage intitulé : …………..
FINALITÉS ET MODALITÉS DU PRÉSENT CONTRAT
L’Association « Pont des Arts et Rencontres Culturelles – Blanche Maynadier » a pour vocation, entre autres activités prévues dans ses statuts, l’aide à l’édition de textes poétiques, littéraires et culturels. Dans ce cadre, elle offre à des auteurs désireux de publier leurs œuvres, la possibilité d’une édition de qualité dans un cadre associatif. L’Association se charge de la sélection, relecture et mise en maquette des textes. Elle est l’intermédiaire entre l’auteur et l’imprimeur, elle facilite la logistique ainsi que les démarches administratives liées à l’impression des livres (obtention d’un numéro ISBN- dépôt légal qui doivent être effectués par l'auteur).
L’auteur souhaitant publier et diffuser ses œuvres, doit être membre de l'association, le travail d'édition est pris en charge par l'association, l'auteur doit seulement régler - à l'imprimeur - le nombre de livres dont il souhaite disposer. L'auteur est le principal responsable de la diffusion et de la vente de ses livres en sachant que l’association Le Parc en fera également la promotion dans la mesure de ses moyens et sans engagement de résultats. Tous les livres de la Collection sont présentés sur le site et peuvent y être commandés.
Pour soutenir l'association Le Parc dans son travail culturel de promotion et d'édition, l'auteur est sollicité pour effectuer un don d'au moins 10% des sommes versées à l'imprimeur.
Il s’agit pour l’auteur (qui garde un statut d'auto-éditeur et le bénéfice intégral de ses ventes) de proposer son livre dans le cadre d'une édition associative, sous l'appellation « Collection le Parc » L’Association le Parc assure à ce titre la reconnaissance et la promotion du livre auprès de ses adhérents, sur son site et au fil de ses activités.
ARTICLE 1
IL A ÉTÉ CONVENU CE QUI SUIT
L’auteur demande à l’Association « Pont des Arts et Rencontres Culturelles – Blanche Maynadier », qui l’accepte, l’autorisation de faire imprimer son ouvrage avec la mention en couverture « Collection Le Parc »et le descriptif ci-dessous en avant dernière page
LE PONT DES ARTS ET DES RENCONTRES CULTURELLES – BLANCHE MAYNADIER, abrégé en LEPARC,est une association culturelle française, créée en 2008, en mémoire de la poétesse et femme de lettres, Blanche Maynadier (192362004). Le Parc a vocation à faire connaître et diffuser des œuvres poétiques, culturelles littéraires et artistiques de qualité. Il favorise les échanges et les publications, la connaissance mutuelle des talents et des cultures. Site : http://collectionleparc.123siteweb.fr /mail : martialmaynadier1952@gmail.com
ARTICLE 2
DURÉE DU CONTRAT
Le présent contrat est conclu pour la durée de fabrication du livre. Une réédition à l’identique de l’œuvre, (ou avec des modifications) dans la « Collection Le Parc » ne peut se faire qu’à la demande de l’auteur, et avec l'accord de l'association et s’inscrit dans les termes du présent contrat.
ARTICLE 3
LES MODALITÉS D’ÉDITION
La maquette
L’auteur doit remettre à l’association un fichier numérique du livre.
L’association s’engage dans un délai de deux mois (après signature du présent contrat) à construire en collaboration avec l’auteur un projet de maquette destiné à l’imprimeur, couverture incluse. Si un accord sur la maquette n’est pas trouvé dans les délais prévus, l’auteur et l’association s'ils en conviennent peuvent s’accorder un délai complémentaire, faute de quoi, le contrat est considéré comme nul et non avenu.
Les corrections et modifications
L’association s’engage à effectuer une relecture du livre par un ou plusieurs membres et à proposer à l’auteur des corrections orthographiques, typographiques, ou autres, avant de remettre la maquette à l’imprimeur. Le manuscrit et les documents fournis par l’auteur restent la propriété de ce dernier.
Les modalités de règlement
L’imprimeur propose un devis du coût de l’impression pour un nombre d'ouvrage que définit l'auteur. Ce devis est soumis à l’auteur qui, s’il l’accepte, s’engage à régler la somme indiquée en échange de la réception des ouvrages commandés (les frais de port étant à sa charge)
Le règlement sera effectué par l’Auteur directement à l’imprimeur à réception des ouvrages
Remise des épreuves
L’imprimeur remettra à l’auteur et à l’association un bon à tirer BAT numérique. L’auteur s’engage à le lire et à le valider définitivement, en concertation avec l’Association. Ce bon à tirer peut-être modifié et une nouvelle maquette, concertée entre l'auteur et l'association, est alors envoyée à l'imprimeur à partir de laquelle seront faits les tirages commandés.
ARTICLE 4
REMISE DES OUVRAGES TIRES
Au moment de la remise des ouvrages, l’auteur pour encourager les activités de l'association le Parc est invité à lui faire un don d'un montant d'au moins 10% de ses frais d'imprimeur.
ARTICLE 5
ACTION EN CONTREFAÇON
L’auteur dispose seul du droit d’agir en contrefaçon. L’association ne saurait être tenue d’intenter une telle action.
ARTICLE 6
GARANTIE – RESPONSABILITÉ
L’auteur certifie que l’œuvre susmentionnée résulte de sa création, qu’elle est libre de droits, qu’elle n’est pas susceptible de provoquer troubles, revendications et évictions quelconques, qu’elle n’est pas de nature à susciter des actions en justice pour diffamation, plagiat ou quel qu’autre motif.
ARTICLE 7
L’auteur garde l’intégralité de ses droits à l’égard de son texte. Il peut utiliser et commercialiser comme il l’entend ses livres imprimés et proposer son texte et son livre en toute indépendance à tel ou tel concours ou telle ou telle maison d’édition.
ARTICLE 8
Un auteur publiant avec l'appellation Collection le Parc ou effectuant des retirages doit être adhérent de l'Association le Parc.
Fait à …………………….….. le……………….
L’auteur, Le Président, du PARC