GALERIE DE PORTRAITS, DES MOTS SUR UN PLATEAU, LE MURMURE DU SILENCE , DE CERCLE EN CERCLE, L'ATTENTE, LE TAISEUX,

SYLVAIN JOSSERAND

 

GALERIE DE PORTRAITS

 

 

PRÉFACE

de Martial Maynadier

Directeur de la Collection Le Parc

 

Ce nouveau livre de Sylvain Josserand atteste de sa maturité d’écrivain, et du tournant important dans sa vie qui l’a fait passer d’une vie professionnelle citadine et parisienne à l’existence retirée d’écrivain solitaire dans un bourg du Velay, en prise avec la nature et les traditions de la vie rurale. La galerie de portraits qu’il nous propose témoigne de ces deux mondes, la grande ville et la campagne, qui ne s’opposent pas tant qu’il y parait. C’est l’homme contemporain qui s’y peint tout entier. Et le portrait peut inquiéter. En même temps qu’amuser. L’inquiétude est d’un philosophe. L’amusement est d’un sage.

Ce livre absorbe la réalité et la restitue en littérature. On aurait tort d’y rechercher des clés, ou quelque portrait à charge de tel ou tel. Car c’est de l’homme (ou de la femme) qu’il s’agit, dans sa souvent triste et ridicule généralité, qui s’incarne en des singularités grotesques ou pitoyables, attachantes ou dérisoires, et la transposition est toujours si bien faite, le dépaysement si total, que le réel, qui pourtant est partout, ne se retrouve nulle part.

 Ces portraits sont pour la plupart des sortes de contes philosophiques, il faut les lire pour s’en amuser, et s’en instruire. L’auteur ne se ménage pas lui-même et se transpose, à l’évidence, dans ce « Solitaire du Velay » qui ouvre la galerie des « originaux » et des « singuliers » qui peuplent le livre. On aurait tort pourtant ici comme ailleurs, de prendre le texte « au pied de la lettre » et de considérer cette ouverture comme un autoportrait de l’artiste. Sylvain Josserand, sous prétexte d’une galerie si vivante et parfois si drôle de personnages multiples, ne cesse en fait de nous proposer une réflexion sur nous-même, et ce monde contemporain qui nous façonne quand il ne nous fascine pas.

 Si les êtres qu’il nous décrit nous font (hélas) rire si souvent, c’est comme le dit si bien Bergson qu’un « mécanisme s’est plaqué sur le vivant » … Ce mécanisme moderne qui nous déshumanise et pourrait nous détruire si l’on y prenait garde.

Mais l’écrivain de talent avec une lucidité acerbe, nous tient éveillé.

 Bonne lecture. Et « songez à librement vivre », comme nous y incitaient Rabelais, Voltaire, Beaumarchais ou Vialatte dans leurs ouvrages d’humour et de sagesse. Sylvain Josserand s’inscrit dans cette lignée.

 

                                                                                            M.M.

 

 

 

 

DES MOTS SUR UN PLATEAU 

Préface de Sylvain Josserand

 

 Réunir huit passionnés de l’écriture et des arts au Chalet d’Ambre aux Estables lors de l’été 2014 a constitué pour moi un immense bonheur. J’ai côtoyé à cette occasion des artistes de talent qui partagent certaines de mes valeurs. Ne pas se prendre au sérieux mais faire les choses sérieusement en toute liberté, fraternité et égalité.

 

Liberté d’écrire ce que l’on ressent en s’affranchissant du lobbying, des subventions octroyées au frais du contribuable, du comité de lecture d’une maison d’édition aux visées mercantiles et/ou d’un comité de rédaction aux ordres. Des artistes libres dans un monde libre.

 

Fraternité dans l’écoute des textes lus en séance et des suggestions bienveillantes d’amélioration proposées par le groupe, puis dans la compilation et le choix des textes assemblés dans ce recueil. Des artistes sans  ego surdimensionné,  au service du Beau.

 

Egalité de chacun face à la page d’écriture. Quels que soient  sa culture littéraire, ses titres universitaires, sa pratique régulière ou non de l’écriture, chaque auteur a pu écrire un texte à partir des propositions et des inducteurs de l’animateur d’atelier. Des artistes égaux face au processus de création.

 

Il ne me reste plus qu’à souhaiter aux lecteurs du plaisir à parcourir ce spicilège aux multiples tonalités tant dans l’écriture que dans les illustrations apportées aux dits textes.

 

                                                                                              S.J.

 

 

LE MURMURE DU SILENCE Recueil poétique


 

Nicolas (Diterlé) et Vincent(VanGogh) ont fréquenté comme moi les bancs de l’École du dimanche. Ils ont connu à la fois cette illumination mais aussi cette angoisse de la présence de Dieu en Soi. Seule la création artistique permet pour moi de contenir ce trouble. C’est un conflit solitaire incessant entre l’Ombre et la Lumière qui peut altérer l’équilibre psychique s’il n’est pas maîtrisé.  

 La poésie pourrait s’affranchir de mots (et calmer nos maux) si, tels les Magdaléniens des grottes de Chauvet en Ardèche on savait encore dessiner de manière collective des aurochs et des chevaux sur les murs de nos cavernes.

La poésie n’est pour moi ni un esthétisme ni un art d’agrément mais une confrontation entre le divin et le malin en Soi. Elle occupe une place singulière dans la création littéraire car elle ne suit ni les modes ni les coteries du moment mais questionne inlassablement les secrets et les mystères de notre place dans l’univers.

Ce spicilège s’inscrit dans la continuité de Haïkus de cœur, paru dans la collection Accent tonique aux éditions l’Harmattan et dans ma démarche d’offrir des haïkus illustrés aux gens dans la joie ou dans la détresse (notamment lors de séjours à l’hôpital). Certains de ces textes et dessins ont été repris dans deux recueils inédits de haïkus illustrés : Gouttes de mots et Au fil de tes rêves.

 

LES ROMANS  DE SYLVAIN JOSSERAND

DE CERCLE EN CERCLE:

  Sylvain Josserand  présente dans ce roman une aventure contemporaine au cœur du monde amérindien des Etats-Unis d’Amérique. S’appuyant sur sa connaissance et son expérience personnelle, il construit un récit saisissant qui nous tient en haleine de la première à la  dernière page.  Son personnage principal, Jean Kerfalec, jeune héritier d’une lignée d’armateurs bretons, entreprend contre l’avis de sa famille, un voyage d’étude dans une réserve de Sioux Lakotas dans le Dakota du Sud. Sa participation à une Sun Danse et à un sitting à Wounded Knee, son soutien inconditionnel aux Sioux dans leur combat pour récupérer Paha Sapa, les Blacks Hills,  (de même valeur symbolique pour les indiens que la Mecque pour les Musulmans ou le Vatican pour les Chrétiens), alertent les autorités. Accusé du viol et du meurtre  d’une jeune Indienne,  il est conduit au pénitencier de Marion où il risque la chaise électrique.

 Écrit à la manière des légendes indiennes, où la réalité et la fiction se placent sur le même plan, ce récit est un hommage à la Nation indienne, victime d’un génocide, et  l’exposé sans complaisance d’un système savamment orchestré pour spolier les Indiens et museler les opposants.

 

L'ATTENTE 

Sylvain Josserand retrouve dans ce roman Jean Kerfalec, Celte de pure souche, ethnologue dans la réserve des Sioux Lakota de Rosebud (Dakota du Sud), jouet et victime d’intérêts qui le dépassent, attend dans le couloir de la mort son exécution capitale.Ce roman fait suite à « de Cercle en Cercle », une œuvre à suspens, quasi policière, une histoire d’amour belle et forte, un récit d’aventure palpitant et original. Dans ce nouveau texte, l’auteur place chaque acteur du récit devant son propre questionnement vis-à-vis de la vie et de la mort en évoquant notamment certains mythes et légendes hérités d’anciennes traditions. C’est un message d’espoir pour le devenir de l’humanité car, pour l’auteur, jamais rien n’est définitivement perdu dès lors que chacun se sent coresponsable de l’évolution humaine et qu’il participe par son perfectionnement personnel à l’amélioration de son environnement immédiat : une goutte d’eau dans un océan de bonnes volontés conjuguées.

Ce livre est dédié à toutes les victimes de la culture de mort : drogue, alcool, violence gratuite, dogmes mortifères, mondialisation mercantile et financiarisation de l’économie... Il a pour but de les apaiser, de les inviter à sortir de leur prison intérieure et de leur dire que l’on peut bâtir ensemble un monde meilleur.

 

 

LE TAISEUX

Albert, peintre-écrivain, est retenu prisonnier dans un asile psychiatrique contre son gré. Il dessine, peint ou écrit de courtes nouvelles et des fragments mettant en scène des personnages attachants, le plus souvent décalés, comme Abay le décolleur d’affiches publicitaires rebelle, Jaco le maniaco-dépressif passionné de chemin de fer, Lula la prostituée révoltée contre l’administration tatillonne, Roseline l’évadée d’un sanatorium pour échapper aux avances d’un médecin fou, Charles-Albert le graphiste branché d’une agence de Pub, Jacques le passionné de pataphysique, Jean-Marie le globe-trotter en auto Coccinelle rouge à pois noirs, Jules l’adolescent fugueur saturé de séances de chimiothérapie, Stéphane l’émule d’Abay décolleur inconditionnel de réclames à Manhattan… Sans oublier le clochard de la place Clichy, le biker de Memphis, la Sirène du 93, le bloggeur, le mystique sur la Voie et les mariachis qui chantent des polyphonies corses à Oaxaca au Mexique.
Le psychiatre du centre de soins tente de scruter la personnalité complexe de ce patient plutôt taciturne et détenteur, croit-on, d’un secret d’État...

Peut-on déchirer le voile?      S.J.