GALERIE DE PORTRAITS, DES MOTS SUR UN PLATEAU, LE MURMURE DU SILENCE , DE CERCLE EN CERCLE, L'ATTENTE, LE TAISEUX, SAGESSE EN ECHO

Katya Lou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sagesse en écho

Textes de Sylvain Josserand

 Illustrations de Katia Lou

 

 

 

 

 

 

 

 

  « Un poème est une peinture dénuée de forme et une peinture est un poème enveloppé de forme. »                 

                     (Extrait du livre du Tao) 

 

 

À Katia Lou

 

Pépite de feu

 Prairie de jonquilles d’or

 Lumière de ta vie

  Tout est écriture

 À l’encre de tes yeux

 Vive peinture

 

S.J.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Pourquoi écrire ? Ça sert à qui ? Et à quoi?

 

 Depuis que tu as décidé d’écrire, vers l’âge de huit ans, tu as entendu autant d’encouragements que de moqueries.

 « Josserand, au bac de Français vous aurez 17 ou 2 ! »

 « T’es publié à compte d’auteur ? Ça te coûte combien ? T’en tires un bénéfice ?

 « Salut le poète, pouet, pouet, avec un son de klaxon de voiture de collection »

 « Cher ami, le prurit de l’écriture se soigne, le saviez-vous ? »

Tu ne comprends pas cette hostilité. Elle te blesse parfois, mais tu persistes car écrire c’est plus fort que toi. Ça te dépasse. Tu ne connais ni les codes universitaires ni la ligne éditoriale des Grandes maisons d’édition parce que ce n’est pas là ta démarche. Tu écris comme tu dessines ou tu peins selon ta propre méthode, parfois maladroite, souvent poétique, jamais moqueuse. Parfois leste, contestataire et révoltée. Elle te correspond. Elle te construit. Tu la partages avec d’autres amis (es) poètes (ses) et peintres.

Tu as étudié les mathématiques à l’université et la logique formelle. Tu es passionné par la philosophie (sans toujours en comprendre le sens profond), l’anglais et l’histoire des religions.  Observer le monde, et les étranges bipèdes qui visent en même temps à sa construction et à sa destruction, est ta principale source d’inspiration.

 Dans La DRH et autres nouvelles au sein du marché du travail, tu racontes comment on est passé d’une forme d’entreprise humaniste (héritée du paternalisme) à un enfer productiviste mortifère pour satisfaire l’appétit des actionnaires voraces.

 Tu participes à l’anthologie de poésies Attention travail, pour brandir bien haut le drapeau rouge de ta propre révolution, dans un verre d’eau.

 Dans Alambique des mots et Courts métrages, tu évoques via l’évocation de tes propres rêves les tréfonds de ta propre psyché. Par des scènes picaresques, tu fais vivre des personnages totalement loufoques marginaux et anarchistes. Ceux que tu préfères aux bien-pensants de la gauche, de la droite, du centre, du Protestantisme, du Catholicisme, de l’Islam, du Bouddhisme, du New-âge.

 Le génocide des Sioux du Sud Dakota — ainsi que tous les autres génocides des XIXe et XXe (massacres des Arméniens, famine des paysans orchestrée par Staline, Shoa, déportations massives en Chine, Khmers rouges, Tutsis et Hutus…) — t’inspirent deux romans : De Cercle en Cercle et l’Attente. 

 La notion d’enfermement intérieur déjà évoquée dans l’Attente se poursuit dans Le Taiseux qui figure un personnage enfermé malgré lui dans un asile psychiatrique car il est détenteur d’un secret que les décideurs de la planète voudraient connaître. Il refuse alors de répondre aux questions de son thérapeute aux ordres.

 Dans Galeries de portraits, la longue observation de tes semblables (qui sont aussi une partie de toi-même) se poursuit sous un versant plus philosophique et plus contestataire. Tu marques ainsi une rupture avec tes deux premiers recueils Contes et nouvelles du temps présent et La vie en plein mouvement, où tu étais plus narratif et moins acerbe. Plus bisounours.

 Tu participes à de multiples revues de poésies et à diverses anthologies dirigées par des poètes dont l’immense talent te submerge et t’impressionne. Tu te lances toi aussi dans la publication d’un recueil de Haïkus avant que ça ne devienne une mode : Haïkus de cœur, textes que tu offres avec ton cœur aux personnes dans la joie ou la détresse, accompagnés du dessin ou de l’illustration ad hoc. Tu rédiges deux contes illustrés par Katia Lou Vassilia et le Lechlii, les Flèches brisées.

 Comme tu es un incorrigible utopiste, tu places la poésie au-dessus de tous les Arts de l’écriture, car pour toi, elle est une forme de transcendance. Un lien entre le Ciel et la Terre. Entre le Ling et le Sheng des Taoïstes, entre le germe divin incarné (le Yod) et Dieu (Yod, He, Vav, Ve) de la tradition judéo-chrétienne et du Soufisme, entre le Principe créateur et son individuation dans l’Homme des traditions humanistes, entre l’énergie du Big-Bang et la parcelle d’étoile énergétique au sein de chaque créature vivante.

 Après le Murmure du Silence, tu proposes à ceux qui aiment lire et entendre de la poésie, un nouveau recueil : Sagesse en Echo, illustré par Katia Lou.


 

 

Haïkus du vent

 

Harpe celtique

 

Dans la brume des Estables

 

Instant magique

 

 

 

La flûte jaillit

 

De ton cœur de poète

 

Ô souffle de vie

 

 

 

Lumière[1] de vie

 

Triptyque de Zao Wou Ki

 

Paix de ton âme

 

 

 

Ô émergence

 

Dans le souffle du présent

 

Un pas de danse

 

 

 

Éclairs de Lumière

 

Jaillissement du néant

 

Du grand mystère

 

 

 

Pépite de feu

 

Prairie de jonquilles d’or

 

Lumière de ta vie

 

 

 

Air eau terre feu

 

Communion des éléments

 

Étoile flamboyante

 

 

 

Souffle du cosmos

 

Sur la pierre d’angle relevée

 

Du temple de ta vie

 

Janus

 

Janus a deux visages

 L’un penché sur mes zones d’ombres tourmentées

 L’autre dans la Lumière de mes énergies négatives transmutées

 Le plomb de l’alchimiste

S’effeuille en copeaux d’or

 Telle la chevelure du Saint-Jean le Baptiste

 Ma conscience s’illumine dans la joie

 Des profondeurs de la pierre cachée

 Pour ne plus sombrer dans la dépression

 J’ai sculpté un Janus à plusieurs visages

 Avec des bouches tordues et des yeux torves

 Telle la souche d’un arbre

 Dont on aurait sectionné les branches

 Au solstice d’hiver mon Janus subit la froidure de la Burle

 Il sort de ses ténèbres lorsque les jours s’allongent

 Au solstice d’été il scintille en pleine Lumière

 Quand les feux de la Saint-Jean fécondent les amants

 Puis tel un vieillard sage il décline en cultivant son jardin

 Jusqu’aux premiers frimas de décembre

 

J’ai sculpté un Janus de la Paix

 Pour qu’au rythme des saisons

 La barbarie et l’obscurantisme

 Ne recouvrent plus de leurs chemises brunes

 L’étoile flamboyante de la vie

 

 

 

 

 



[1] La Lumière avec un « L » faite référence  pour moi à la Lumière éternelle

 

 

 

 

 

 

SYLVAIN JOSSERAND

 

GALERIE DE PORTRAITS

 

 

PRÉFACE

de Martial Maynadier

Directeur de la Collection Le Parc

 

Ce nouveau livre de Sylvain Josserand atteste de sa maturité d’écrivain, et du tournant important dans sa vie qui l’a fait passer d’une vie professionnelle citadine et parisienne à l’existence retirée d’écrivain solitaire dans un bourg du Velay, en prise avec la nature et les traditions de la vie rurale. La galerie de portraits qu’il nous propose témoigne de ces deux mondes, la grande ville et la campagne, qui ne s’opposent pas tant qu’il y parait. C’est l’homme contemporain qui s’y peint tout entier. Et le portrait peut inquiéter. En même temps qu’amuser. L’inquiétude est d’un philosophe. L’amusement est d’un sage.

Ce livre absorbe la réalité et la restitue en littérature. On aurait tort d’y rechercher des clés, ou quelque portrait à charge de tel ou tel. Car c’est de l’homme (ou de la femme) qu’il s’agit, dans sa souvent triste et ridicule généralité, qui s’incarne en des singularités grotesques ou pitoyables, attachantes ou dérisoires, et la transposition est toujours si bien faite, le dépaysement si total, que le réel, qui pourtant est partout, ne se retrouve nulle part.

 Ces portraits sont pour la plupart des sortes de contes philosophiques, il faut les lire pour s’en amuser, et s’en instruire. L’auteur ne se ménage pas lui-même et se transpose, à l’évidence, dans ce « Solitaire du Velay » qui ouvre la galerie des « originaux » et des « singuliers » qui peuplent le livre. On aurait tort pourtant ici comme ailleurs, de prendre le texte « au pied de la lettre » et de considérer cette ouverture comme un autoportrait de l’artiste. Sylvain Josserand, sous prétexte d’une galerie si vivante et parfois si drôle de personnages multiples, ne cesse en fait de nous proposer une réflexion sur nous-même, et ce monde contemporain qui nous façonne quand il ne nous fascine pas.

 Si les êtres qu’il nous décrit nous font (hélas) rire si souvent, c’est comme le dit si bien Bergson qu’un « mécanisme s’est plaqué sur le vivant » … Ce mécanisme moderne qui nous déshumanise et pourrait nous détruire si l’on y prenait garde.

Mais l’écrivain de talent avec une lucidité acerbe, nous tient éveillé.

 Bonne lecture. Et « songez à librement vivre », comme nous y incitaient Rabelais, Voltaire, Beaumarchais ou Vialatte dans leurs ouvrages d’humour et de sagesse. Sylvain Josserand s’inscrit dans cette lignée.

 

                                                                                            M.M.

 

 

 

 

DES MOTS SUR UN PLATEAU 

Préface de Sylvain Josserand

 

 Réunir huit passionnés de l’écriture et des arts au Chalet d’Ambre aux Estables lors de l’été 2014 a constitué pour moi un immense bonheur. J’ai côtoyé à cette occasion des artistes de talent qui partagent certaines de mes valeurs. Ne pas se prendre au sérieux mais faire les choses sérieusement en toute liberté, fraternité et égalité.

 

Liberté d’écrire ce que l’on ressent en s’affranchissant du lobbying, des subventions octroyées au frais du contribuable, du comité de lecture d’une maison d’édition aux visées mercantiles et/ou d’un comité de rédaction aux ordres. Des artistes libres dans un monde libre.

 

Fraternité dans l’écoute des textes lus en séance et des suggestions bienveillantes d’amélioration proposées par le groupe, puis dans la compilation et le choix des textes assemblés dans ce recueil. Des artistes sans  ego surdimensionné,  au service du Beau.

 

Egalité de chacun face à la page d’écriture. Quels que soient  sa culture littéraire, ses titres universitaires, sa pratique régulière ou non de l’écriture, chaque auteur a pu écrire un texte à partir des propositions et des inducteurs de l’animateur d’atelier. Des artistes égaux face au processus de création.

 

Il ne me reste plus qu’à souhaiter aux lecteurs du plaisir à parcourir ce spicilège aux multiples tonalités tant dans l’écriture que dans les illustrations apportées aux dits textes.

 

                                                                                              S.J.

 

 

LE MURMURE DU SILENCE Recueil poétique


 

Nicolas (Diterlé) et Vincent(VanGogh) ont fréquenté comme moi les bancs de l’École du dimanche. Ils ont connu à la fois cette illumination mais aussi cette angoisse de la présence de Dieu en Soi. Seule la création artistique permet pour moi de contenir ce trouble. C’est un conflit solitaire incessant entre l’Ombre et la Lumière qui peut altérer l’équilibre psychique s’il n’est pas maîtrisé.  

 La poésie pourrait s’affranchir de mots (et calmer nos maux) si, tels les Magdaléniens des grottes de Chauvet en Ardèche on savait encore dessiner de manière collective des aurochs et des chevaux sur les murs de nos cavernes.

La poésie n’est pour moi ni un esthétisme ni un art d’agrément mais une confrontation entre le divin et le malin en Soi. Elle occupe une place singulière dans la création littéraire car elle ne suit ni les modes ni les coteries du moment mais questionne inlassablement les secrets et les mystères de notre place dans l’univers.

Ce spicilège s’inscrit dans la continuité de Haïkus de cœur, paru dans la collection Accent tonique aux éditions l’Harmattan et dans ma démarche d’offrir des haïkus illustrés aux gens dans la joie ou dans la détresse (notamment lors de séjours à l’hôpital). Certains de ces textes et dessins ont été repris dans deux recueils inédits de haïkus illustrés : Gouttes de mots et Au fil de tes rêves.

 

LES ROMANS  DE SYLVAIN JOSSERAND

DE CERCLE EN CERCLE:

  Sylvain Josserand  présente dans ce roman une aventure contemporaine au cœur du monde amérindien des Etats-Unis d’Amérique. S’appuyant sur sa connaissance et son expérience personnelle, il construit un récit saisissant qui nous tient en haleine de la première à la  dernière page.  Son personnage principal, Jean Kerfalec, jeune héritier d’une lignée d’armateurs bretons, entreprend contre l’avis de sa famille, un voyage d’étude dans une réserve de Sioux Lakotas dans le Dakota du Sud. Sa participation à une Sun Danse et à un sitting à Wounded Knee, son soutien inconditionnel aux Sioux dans leur combat pour récupérer Paha Sapa, les Blacks Hills,  (de même valeur symbolique pour les indiens que la Mecque pour les Musulmans ou le Vatican pour les Chrétiens), alertent les autorités. Accusé du viol et du meurtre  d’une jeune Indienne,  il est conduit au pénitencier de Marion où il risque la chaise électrique.

 Écrit à la manière des légendes indiennes, où la réalité et la fiction se placent sur le même plan, ce récit est un hommage à la Nation indienne, victime d’un génocide, et  l’exposé sans complaisance d’un système savamment orchestré pour spolier les Indiens et museler les opposants.

 

L'ATTENTE 

Sylvain Josserand retrouve dans ce roman Jean Kerfalec, Celte de pure souche, ethnologue dans la réserve des Sioux Lakota de Rosebud (Dakota du Sud), jouet et victime d’intérêts qui le dépassent, attend dans le couloir de la mort son exécution capitale.Ce roman fait suite à « de Cercle en Cercle », une œuvre à suspens, quasi policière, une histoire d’amour belle et forte, un récit d’aventure palpitant et original. Dans ce nouveau texte, l’auteur place chaque acteur du récit devant son propre questionnement vis-à-vis de la vie et de la mort en évoquant notamment certains mythes et légendes hérités d’anciennes traditions. C’est un message d’espoir pour le devenir de l’humanité car, pour l’auteur, jamais rien n’est définitivement perdu dès lors que chacun se sent coresponsable de l’évolution humaine et qu’il participe par son perfectionnement personnel à l’amélioration de son environnement immédiat : une goutte d’eau dans un océan de bonnes volontés conjuguées.

Ce livre est dédié à toutes les victimes de la culture de mort : drogue, alcool, violence gratuite, dogmes mortifères, mondialisation mercantile et financiarisation de l’économie... Il a pour but de les apaiser, de les inviter à sortir de leur prison intérieure et de leur dire que l’on peut bâtir ensemble un monde meilleur.

 

 

LE TAISEUX

Albert, peintre-écrivain, est retenu prisonnier dans un asile psychiatrique contre son gré. Il dessine, peint ou écrit de courtes nouvelles et des fragments mettant en scène des personnages attachants, le plus souvent décalés, comme Abay le décolleur d’affiches publicitaires rebelle, Jaco le maniaco-dépressif passionné de chemin de fer, Lula la prostituée révoltée contre l’administration tatillonne, Roseline l’évadée d’un sanatorium pour échapper aux avances d’un médecin fou, Charles-Albert le graphiste branché d’une agence de Pub, Jacques le passionné de pataphysique, Jean-Marie le globe-trotter en auto Coccinelle rouge à pois noirs, Jules l’adolescent fugueur saturé de séances de chimiothérapie, Stéphane l’émule d’Abay décolleur inconditionnel de réclames à Manhattan… Sans oublier le clochard de la place Clichy, le biker de Memphis, la Sirène du 93, le bloggeur, le mystique sur la Voie et les mariachis qui chantent des polyphonies corses à Oaxaca au Mexique.
Le psychiatre du centre de soins tente de scruter la personnalité complexe de ce patient plutôt taciturne et détenteur, croit-on, d’un secret d’État...

Peut-on déchirer le voile?      S.J.