CHEMIN DES MOTS PERDUS - ROMAN-

 

Avant-propos de Martial Maynadier

Directeur de la Collection le Parc

 

 

Pourquoi écrivons-nous ? Pourquoi cette impulsion intérieure qui vient noircir d’encre le blanc des pages ?

Et si l’écriture répondait à un appel silencieux d’âmes disparues qui cherchent à revenir au monde, à s’exprimer encore, à délivrer une parole qu’elles n’ont su, ou pu, libérer  durant leur temps de vie. Des fantômes peut-être hantent les écrivains,  travaillent leur esprit, exigent d’être entendus.

Léna, la narratrice de ce roman est, comme on dit parfois trivialement,  « en panne d’inspiration » ; elle sait pourtant que l’écriture est sa vocation, et que par l’écriture seule elle peut trouver son accomplissement et sa satisfaction de vivre, et, cependant, rien ne lui vient, ou plutôt elle n’a pas encore rencontré son personnage en quête d’auteur, celui  qui veut et doit se dire pour retrouver, par la plume du medium, « Le Chemin des Mots Perdus ».

Et voici que la rencontre se fait. Magda surgit. Le mystère de l’écriture s’accomplit. Et le roman nous donne à voir et à lire, (c’est ici la même chose) le dialogue fondateur, unissant une auteure et la personne qui guide sa plume et veut se faire entendre, re-suscitant autour d’elle son temps, son univers, ses relations.   

Une double aventure s’exprime celle du roman qui se compose et celle d’une vie qui s’écoule et d’une certaine façon s’écroule et se détruit. Mais en même temps, le destin, vécu jadis, même tragique, devient livre et donc se reconstruit dans une sorte d’éternité conquise.   

    

Haikus Vagabonds de Marie Christine Guidon, illustrés par Kenesawa

 

Bouquets de pinceaux

Eclaboussés de soleil

Temps des tournesols

 

****

 

Ombrelles pliées

L’été me tourne le dos

Envers du décor

 

 

 

 

 ****

 

Novembre a versé

Trop de larmes de son cœur

Le soleil se noie

 

***

 

Châtaignes grillées

Baisers piquants sur mes lèvres

Saveurs de l’automne

 

 

 

 

REFLETS D'EBENE recueil poétique

Préface de Martial Maynadier

Directeur de la Collection Le parc

 

 La poésie de Marie Christine Guidon coule de bonne source, avec une fluidité et une évidence musicale. Dans ce recueil de vers libres et limpides, elle offre une suite de poèmes courts qui en disent long sur le travail poétique et la créativité positive de leur auteure, un voyage initiatique en quelque sorte. 

 

La première partie témoigne du côté sombre, de la difficulté de vivre qui est notre part humaine partagée… Les « cendres » sont hélas le lot commun des jours qui passent et qui éteignent nos espoirs, nos rêves, nos enthousiasmes.

Ressac, Exil, Poison, Dédale, Apocalypse, Giboulées, …Les titres des poèmes sont explicites. Dès le premier texte « Je t’écris », le ton est donné : dans les veines du poète « coule un sang d’encre » et de cette encre, il bâtit son ouvrage.  Des cendres attisées, le feu peut renaître.

Une seconde partie « Mi-fugue mi-raison » est comme une quête « Entre chien et loup » qui porte encore le poids de la « fatalité » pour laisser place peu à peu à la « clarté » qui peut passer par l’illusion, « le mirage ». Mais la prise de conscience conduit vers la lumière et permet de voir le monde d’un regard différent, c’est « l’éveil ». Qu’ils soient criés ou chuchotés, les mots nous entraînent vers de nouvelles « promesses ».

 

Les amarres peuvent enfin être larguées dans la troisième et dernière partie, intitulée « Dérives lointaines ». Le titre du recueil prend alors tout son sens : l’ébène devient le support de l’éclat et non plus de l’obscur. Une fenêtre sur le monde s’ouvre enfin. Nous embarquons, à l’instar du Bateau Ivre (et de son auteur, évoqué dans « Semelles de vent ») vers des horizons parfois lointains où l’imaginaire et le réel se rejoignent. Le voyage s’achève dans un « rêve » et à la fin, le jour se lève, venant gommer la part sombre d’une longue nuit.

 

On ne saurait mieux signifier et mettre en œuvre la fonction du poète qui nous donne à rêver, à croire et qui peut nous libérer de nos tristesses et de nos abandons par la force vive de son verbe.

 

 

Je t’écris…

 

 

Je t’écris

Ton souffle fait vibrer ma plume

Et l’aube grise

Cueille mes mots

 

Je t’écris

Pour que résonnent mes silences

Echos d’ébène

Assourdissants

 

Je t’écris

Pour ne plus crier

Et dans mes veines

Coule un sang d’encre

 

 

 

 

 

Ressac

 

 

Des vagues ciselées

Drapées d’éclats de sel

Emportent au loin mes rires

 

Sillons gorgés d’écume

Béances maritimes

Où se cachent mes peines

Épures de cristal

Mêlées de fleurs de cendre

Où volute mon cœur…

 

Ressac !