Martine Naudin-Niaussat - L'Histoire de la Corneille Royale de la cathédrale de Reims

 

Avant-propos

Hommage  à Maurice Guillaume

 

Maurice Guillaume est né à Autun  le 29 Août 1920 et est décédé à Anet en Eure et Loir en Juillet 2015. Un grand ami de la famille, un homme de cœur et un immense sculpteur. La première fois que nous avons rencontré la famille Guillaume, c'était au musée Rodin à paris où il exposait dans les jardins. Tout jeune enfant, il aimait à contempler la nature, les vols des oiseaux, le frémissement de l'eau sur la rivière, le vent dans les ramures et à force d'observer la faune et la flore, il les dessinait. Puis il eut envie de passer à une autre forme d'art, il se dirigea vers la sculpture.  Maurice connaissait très bien son niveau artistique, alors,  il décida de monter à Paris pour entrer à l'école nationale des Beaux-Arts. Il est accepté par dossier et c'est le début d'une grande aventure humaine et artistique.

 

Il devient élève de Paul Niclausse, puis de René Ishé, il travaillera dans de grands ateliers et œuvra même pour César. S'il fut académique dans son art,  il travaillera aussi de manière abstraite, non seulement la pierre mais le métal, le bronze et le bois. Enfin, il sera  demandé pour exécuter  la restauration de plusieurs monuments historiques, comme la basilique Saint Denis, basilique dédiée aux rois de France, l'église Saint Sulpice à Paris,  divers monuments et églises de province et bien sûr la cathédrale Notre Dame de Reims.  Il a façonné là plusieurs rois de France dont un superbe Clovis, c'est une sculpture immense comme tant d'autres de lui. Il faut dire que la première guerre mondiale avait considérablement défiguré cette merveille de dentelle de pierre qu'est cette cathédrale,  cette richesse architecturale, la perçant  de toutes parts. C’est en ce lieu que se situe l'action de la très belle histoire qu’il me raconta lui-même avant que je ne l’écrive pour lui, car Maurice fut très ému quand il m'a parlé de sa Belle Corneille, un histoire vraie et à peine croyable.

 

Extrait : 

 

Il y a quelques années des travaux de restauration furent demandés par la ville et l’évêché, avec des subventions des monuments historiques. Cette grande restauration débuta en 1978. Des artistes, des artisans, des ouvriers furent embauchés de toutes parts en France pour entreprendre les travaux nécessaires à la rénovation des tours et des statues.

 

 À la montée d’une des tours, les artistes furent accompagnés par un oiseau dans l’obscurité. Mais quel était donc cet oiseau ?

 

Arrivés sur la plate-forme,   ils découvrirent une horde de corneilles qui s’évanouirent dans le ciel gris,  sauf une,  et cette corneille, semblait accueillir les nouveaux arrivants d’un air aussi espiègle qu’interrogateur.

«  Tiens, ce ne sont pas des visiteurs ordinaires ceux-là, pas d’appareil photo en bandoulière. Ce ne sont pas des touristes comme les autres ». pensa-t-elle.

 

Elle regarda les outils arriver, les uns après les autres, suivis de matériaux divers et comme elle était loin d’être bête, elle dit dans sa langue à elle en s’élançant dans le ciel, à son amie, sa cathédrale.

 

«  Eh bien ma chère, je crois qu’on va te refaire une beauté, je te raconterai tous les jours ce que je vois et que tu ne peux voir puisque je suis tes yeux et toi, ma vieille amie, tu es mon toit depuis que je suis née, comment ferais-je si tu n’étais pas là ? »

 

Martine Naudin-Niaussat L'HISTOIRE DU PETIT CHAT QUI ALLAIT A LA MESSE (extrait)

 

Je me présente à vous, amis des animaux, je m'appelle Gauguin. Je suis un beau chat, tout noir, j'ai de grands yeux verts, j'ai le caractère entier, on me dit « majestueux ».

Je reconnais être fier, cependant je suis très attaché à mes maîtres, je les suis partout, je ne dédaigne pas les bisous, les câlins et les bons soins que me prodigue celle qui est devenue ma maîtresse.

Parfois, je me demande, si ce n'est pas moi, qui suis un peu devenu son maître !

Bref ! Je suis un matou d'un âge avancé et au seuil de mes seize ans, blotti au chaud sur le canapé de ma maison, je me remémore, mon passé.

Ma vie a commencé en Normandie dans une ferme, près de Saint-Lô. Savez-vous que cette ville est la préfecture du Cotentin. C’est une magnifique région, où voisinent le bocage aussi vert que la couleur de mes yeux, la côte sauvage de la Hague et les impressionnantes dunes de Carteret avec la Manche baignant les îles anglo-normandes dans le lointain, je le sais car j'ai parcouru tout le pays avec ceux qui sont devenus mes parents adoptifs.

Un jour de marché à Saint-Lô, les maîtres de ma mère s'y sont rendus en prenant soin de tous nous emmener, ma maman, mes frères, mes sœurs et moi-même.

Nous étions les uns contre les autres dans un grand panier, beaucoup de gens sont venus nous voir, nous caresser et à cet instant, je ne savais pas que je serais arraché aux miens et ne les verrais plus.

J’ai eu un moment de panique quand je me suis retrouvé entre les mains de deux jeunes hommes blonds ; le bruit, qui venait de la place de la grande halle de l'hôtel de ville m'a si fortement effrayé que je me suis accroché comme je le pouvais avec mes petites griffes sur la poitrine de celui qui me tenait.

Le fait qu'il portât ce qu'on appelle chez les humains des vêtements noirs, comme mon pelage et celui de ma gentille maman, me rassura un peu.

 

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