14-21 Extrait du livre

 

Avant-propos de l’auteur

 

" 14 - 21 "

 

Ces 7 jours, du 14 au 21 mai 2007, où tout a basculé !

 

Nous étions en mai et, soudain, j'eus si froid...

 

Ce témoignage, pour dire le bonheur de t’avoir eu auprès de moi, toi, toi qui me permis de laisser libre cours à mon imaginaire et ma joie, aujourd'hui, de le faire partager, même s'il est un peu tard...

 

Bien qu’ayant écrit ce journal en 2007, c'est seulement maintenant en 2019 que je peux délivrer ce texte, m'en dessaisir et faire partager toute mon émotion face au vide, à l'absence, au départ trop soudain !

 

J'ai hurlé, maudit le ciel et tous ses saints…

 

Il m'a fallu mettre en mots ma colère, ma désespérance, ces maux trop longtemps refoulés au plus profond de mon être.

 

Chaque jour, une force, une force quasi surnaturelle venue d'ailleurs, guida ma main.

 

" En t'écrivant, je te gardais vivant "

 

Cette ultime confidence, je l'ai voulue intime ; sans autres témoins, juste nous deux dans un dernier acte d'amour…

 

 

" vivant, tu me resteras "

 

 

Jeudi 7/6/2007

 

Retour à Forcilles, dans ce couloir d’hôpital ; tenter de comprendre, de comprendre ton départ, ta fuite, ton envol.

 

Y’a du soleil, un peu de vent. La douleur est là, sourde, immonde, tapie au creux de mes tripes.

 

Vomir, il me faudrait vomir…

 

J’ai parlé aux Roses Trémières, ramassé la plume égarée d’un pigeon endeuillé…

 

Dire aux nuages tout l’amour que j’ai pour toi et croire, croire qu’il neige en été !

 

 

 

Vendredi 8/6/2007

 

Suis à Paris, avenue Hoche, à la terrasse d’un café.

 

Bruits de moteur, voix ténues… Je pense à toi, j'ai des larmes plein les yeux ; je maudis tous ces couples attardés, enlacés… et ce cendrier de porcelaine trop blanche que je repousse avec effroi.

 

Il fait gris aujourd'hui, tu sais ce voile de brume que nous aimions voir envahir les prés de Loire-Atlantique.

 

Toutes ces images me hantent et je me dis que nous n'irons plus jamais au bois.

 

Il faudra me guider, mettre des mots, combattre les idées folles, oser les non-dits pour oublier, oublier, pardonner, ne pas maudire…

 

Ce soir, il fait si doux. Tu aurais aimé cette tiédeur qui s'abat sur la ville et le chant du merle moqueur mêler à celui de l'hirondelle effarouchée. Tu aurais aimé ce merveilleux film que je viens de voir, cette amitié de mecs, cette tendresse dévoilée, cette odeur de terre trempée.

 

 

Samedi 9/6/2007

 

Il fait sale temps, chaud, sans soleil, pesant comme mon cœur aujourd'hui.

 

 

 

Dimanche 10/6/2007

 

Anniversaire Marie-Jo.

Tu aurais aimé ce corps de ferme, cet écrin de verdure, cette odeur de campagne, de relent de cochon rôti, de pâte à pain, ces pans de velours cloués de myriades d'étoiles.

 

Où es-tu ? Sur quelle planète t'es-tu endormi ?

Fais-moi signe, je te répondrai, mes poches remplies d'amour…

 

 

Lundi 11/6/2007

 

Dur, dur le réveil. Il fait si beau, et... là-haut ?

 

 

Mardi 12/6/2007

 

Je cours, je vole ; pourquoi m'avoir plantée là, sans bagage, sans message. Il fait doux, le vent caresse ma joue humide et les hirondelles couinent. Te souviens-tu de celles nichées au creux des toits des maisons de pêcheurs ? C'était un rendez-vous bien tendre.

 

 

 

 

 

Mercredi 13/6/2007

 

Je bois un café, amer le café…

Journée sans couleur ; je m'endormirai tôt.

Tu aurais aimé cet orage, cette odeur de terre mouillée…