DES MOTS QUI ME RESSEMBLENT - HARUKO SAN


 

 

Préface de Martial Maynadier

Directeur de la Collection le Parc

 

Un premier livre d’une grande originalité. L’auteure sous le masque d’Haruko San, fait ses gammes, s’essayant à différents styles, poèmes, dialogues, récits et nouvelles. Mais dans chacun de ses genres, le ton est personnel, intime, sensuel. Les mots émanent à l’évidence d’une plume de qualité qui révèle son talent particulier.

Sensualité des corps, sensualité des écrits, le ton est donné dès les premiers poèmes. L’écriture et les sens, la sensualité de l’écriture, l’écriture de la sensualité. Âmes prudes s’abstenir.

Rarement l’érotisme des rapports, non seulement homme-femme (et réciproquement) mais « humains » au sens le plus physique du terme n’a été évoqué aussi crûment, sans tomber pour autant dans la vulgarité et encore moins la pornographie… Constamment l’auteure s’en tient au plan de la beauté, et de la louange du Désir. Le livre tout entier est un hymne au plaisir physique, mais aussi à son attente, sa retenue parfois, son lâcher prise souvent.

Ce n’est pas à proprement parler d’amour, au sens habituel, dont il s’agit dans ces pages.  L’attachement, le sentiment, l’affection durable, encore moins les liens du couple ou de la famille ne sont ici mis en valeur. C’est le champ du désir, de son exacerbation, et de l’acmé de sa satisfaction qui est d’abord exploré.

C’est presque un livre de voyage au pays du corps et de son plaisir. Un livre de découverte, un guide pour explorateurs débutants, ou voyageurs en quête de nouveaux horizons. Non pas une carte du tendre, mais un itinéraire du désir des corps et de la sensualité triomphante.

Et pourtant, ici et là, discrètement dans quelques pages, une musique plus mélancolique nous rappelle que la Terre n’est pas toujours une boule de plaisir et de joie… Mais nous pouvons aller si près du paradis…

 

 

 

 

EXTRAITS :

POÈMES

 

 

 

 

Ce que j’aime…

 

 

Ce sont tes yeux qui s’aventurent

Au fond des miens verts

Pour y lire notre destin

 

Ce sont tes lèvres qui déshabillent

Délicieusement mon corps

Où tu dessines tes envies

 

Ce sont tes bras qui m’enlacent

Tendrement contre toi

Pour un au revoir, à demain…

 

 

 

 

De l'encrier au papier…

 

J’aime l'encre, la plume, le papier

L’odeur de l'automne
Les feuilles jaunies des livres usés

Sur lesquels mes yeux s’étonnent,

 

J’aime la plume si légère

Entre mes doigts désireux

D’écrire avant qu'elle ne libère

Des mots doux et fiévreux,

 

J’aime le papier qui mesure
Au fil des pages l'histoire
En pleins et déliés, les écritures

Que rien ne rature …

 

 

 

Imaginer

 

Ses doigts re dessinant

Ses envies restées silencieuses

Lire dans ses yeux le désir

Éclaté en mille étoiles,

Sentir ses seins frémir

Sous ses lèvres

Taire ses soupirs

Et s’abandonner.

 

 

 

 

Ivresse

 

Il soupire des mots

Qui attise ses désirs

Elle rêve ses envies

Les nuits de solitude

 

Il espère sa peau

Du bout des lèvres

Il découvre son corps

Sa bouche s’entrouvre

Elle étouffe un cri

Ses doigts la frôlent

Son corps se tend

Le souffle court

 

Il l’étreint à nouveau

Sa vigueur l’émeut

Elle devient fontaine

Entre ses mains.

 

 

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Nouvelles

 

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Le Jeu


S’il fallait qu’on s’aime pour embraser nos corps… 

S’il fallait des sentiments...

Non quelques mots, une invitation, des mots suggestifs, enrobés de douceur contenant passion et suspens, surprises voilées...
Nous recherchons une rencontre, nous l’espérons tous deux pleine d’imprévus, de nouveautés, de sous-entendus, de folies, de passions, de tant d’autres choses...

Ras le bol des habitudes qui tuent l’amour, atrophient le désir et ôtent l’envie, nous nous comprenons à demi-mots c’est excitant...
Quelques mots pour faire connaissance et tout de suite le climat s’est détendu, vos questions à mon égard sont directes et me forcent à réagir, à vous répondre, je prends conscience que vous êtes un connaisseur de ce genre de relations et que cela vous plait plus que de raison !


Vous me rétorquez qu’il en est de même pour moi, je m’en défends bien sûr, je n’ose pas, pas encore...

J’adore aussi mais en silence.


Cela fait quelques jours que nous correspondons, nos messages sont à intervalles réguliers, je ne sais si vous êtes libre totalement et ne vous pose point la question. Je n’ai pas envie de savoir je préfère penser que...

 

Vous proposez, je dispose c’est la règle, vous avez parlé d’un jeu.  « Je n’aime pas ces jeux » vous ai-je répondu d’un ton rapide et sec et vous de vous empresser de me répondre que je ne peux savoir puisque nous n’avons pas encore joué… Ensemble !

 

Je suis sur mes gardes, vous êtes libre dans vos pensées, vos souhaits, votre désir semble ardent et pourtant vous êtes demandeur de tant de choses, vous avez besoin de ce jeu, vous attendez et espérez de moi que je m’y prête, je vous précise encore ne pas m’y soumettre, que je déciderai si oui ou non il sera. Il me faut y penser et en même temps que j’y réfléchis, entre deux messages, j’imagine, je devance, je me prépare à quelque chose, quelque chose qui n’est pas encore défini, qui m’est inconnu.

J’appréhende, vais-je oser franchir les barrières qui font obstacle au désir, au plaisir que vous proposez de m’offrir...Vos messages dès le début ont été clairs : laisser agir, réagir les corps. Ils sont en demande, ne les bridons pas. « Je mènerai la danse » m’avez-vous dit mais d’abord il vous faut être prête et pour cela je vous guiderai tout au long de notre correspondance.

Alors je prends le temps et, ne sachant ni quand ni où nous allons nous rencontrer, je vous demande : « Que devrai je faire, dire, ou être... ? » Votre réponse me subjugue et affole mes sens, à vous entendre mon corps brule d’impatience de vous connaître, et vous me dites : « C’est le jeu de la parole et des sens, le jeu des mots qui ressemblent à des caresses que vous ressentez, vous laissant tremblante et chancelante... » De votre côté, alors que vous-même, les disant, vous rêvez et imaginez promener vos mains sur ma peau douce, poser votre bouche sur mes lèvres un peu humides, vous décrivez... Et j’exécute les mouvements de mon corps en cadence avec les mots que vous me susurrez, j’ai joué de la lumière sur le lit afin de ne pas dévoiler ce corps qui vous attend, vous m’aviez demandé d’oser, de choisir, j’ai dénoué mes cheveux bruns et j’ai osé une tenue discrètement suggestive en soie noire, le noir incite à la passion, aux frissons, à l’interdit… Et si je ne m’abuse à nos sous-entendus !


Il ne nait pas d’histoire d’amour dans une relation telle que celle que nous vivons, c’est impossible dans nos vies respectives.

Je l’ai compris, vous le saviez, mais qu’importe, il s’agit là de vivre une passion, une passion peu commune, celle dont beaucoup de gens se privent par peur, manque de temps car il faut du temps, beaucoup de temps… Il me faut vous être disponible à souhait, ce ne sont pas mes désirs mais les vôtres que nous voulons assouvir et ce n’est qu’en écoutant les vôtres que je comprendrai les miens, nous sommes, vous me l’avez dit l’autre soir dans la deuxième partie du jeu ! Ce jeu qui me rend fébrile et désirable, me fait vous attendre impatiemment, et ne pas vous retenir lorsque vous me quittez au petit matin, encore endormie, je vous laisse poser un baiser sur mes lèvres et vous n’êtes plus là...


De ce jeu nous en tirons jouissance, connaissance de l’autre dans des moments qui n’existent pas en dehors du jeu ;  je vous attends chaque soir différente et ce soir je choisis de porter du blanc, satiné, pour ne pas éveiller les soupçons par trop de clinquant… De mes cheveux j’ai fait une longue tresse souple, une bougie posée là, pas de lumière vous n’en vouliez pas ce soir !

Vous êtes arrivé en silence comme toujours sans que je sache par où...Vous avez la clé, cela aussi fait partie du jeu, ne pas savoir où et quand. Votre parfum, l’odeur de votre peau attise mes sens, je suis avertie de vous, ici, tout près… Au plafond l’ombre de la bougie ondule doucement, complice de nos ardeurs.

Vous me proposez d’écouter, sans regarder ; je suis à l’écoute, vous parlez de vous, si peu… À peine dans un souffle, à mon oreille, vos mains douces parcourent mon dos parfumé, vous me le dites et vous aimez… Le satin que je porte suggère aussi que vous le froissiez délicatement, vous vous acquittez de cela fort bien et même davantage.

C’est vous qui orientez nos gestes, les miens surtout afin qu’ils trahissent leurs pouvoirs sur un corps en attente, le vôtre car ce soir c’est vous, vous qui retiendrez votre souffle, vous que mes doigts effleureront, vous que mes mains retiendront lorsque prêt, vous essayerez de fuir… Dans un souffle m’appellerez, et je n’obéirai pas… Je suis maîtresse du jeu à cet instant, juste là, maintenant, maîtresse tout simplement, amante, je vous ai retenu et vous avez repris le contrôle… J’étouffe presque, votre souffle s’étire lentement comme nos gestes, nos corps encore allongés, l’un contre l’autre. Nos mains s’effleurent encore un long moment apaisant nos esprits, nos sens.

Vous êtes là et las, vous tardez à vous en aller, je vous regarde et vous souriez, vous aurai-je apprivoisé plus que prévu, le jeu s’est affiné, ce soir, j’ai mené la danse en partie, vous souriez encore… Oui, j’ai compris et vous aussi, nous sommes à égalité parce qu’il s’agit d’un jeu et que vous vous y êtes pris plus que de raison !

Vous reprenez votre chemise, pensif, vous êtes prêt, m’embrassez encore, vos mains sur ma nuque et à nouveau un baiser très tendre, je ferme les yeux… Vous n’êtes déjà plus là ! Toujours nos sous-entendus…


S’il ne nait pas d’histoire d’amour d’une telle relation il est encore plus difficile d’espérer qu’elle dure longtemps...


Le jeu, celui auquel vous m’avez initiée me plut et vous m’autorisiez à en établir quelquefois les règles. Il fallait juste que l’imprévu, la surprise la douceur soit de mise, et « l’excitant » aussi. Vos désirs je les ai découverts au fil de notre relation, vous avez raison, le jeu me plait de plus en plus, je suis celle que vous souhaitez que je sois et vous êtes à la hauteur de mes attentes.


Nous ne savons, ni vous ni moi, combien de temps il nous faudra avant de nous lasser l’un de l’autre et que vous ou moi changions de partenaire de jeu, nous ne voulons pas savoir, le désir ne s’est pas estompé.

Chaque rencontre reste respectueuse de la vie privée de chacun, ce sont nos moments coquins, les nôtres, nous sommes seuls à les connaitre intensément, ils nous appartiennent…

 


Je vous soumets une soirée tendre, vous trouvez l’idée tentante et souhaitez les détails, non ! Je ne vous en donne pas, c’est à mon tour de jouer et j’espère gagner... J’apprends vite, vous le constatez et restez pensif, je vous surprends, vous aimez cela, je sais, oui vous aimez ! Vous me découvrez coquine, juste autant que vous l'êtes-vous même !

Ce soir je vous demande d’arriver plus tard, je sais que l’attente sera mon alliée et qu’elle n’entravera en rien nos ébats, nous connaissons nos limites si tant est que nous en ayons ! Pas si sûr m’avez-vous répondu lors d’une de nos soirées...Pas si sûr… Avez-vous répété !


J’ai ma journée de travail, vous la vôtre et nos messages du jour ne laissent rien apparaitre, rien supposer… Nous ne savons jamais à l’avance, nous avons passé des nuits à parler, sans rien d’autre, nous interdisant d’aller plus loin, bien des fois et cela aussi faisait partie du jeu. Je devais apprendre à patienter, à taire mon désir, laisser à l’autre le temps afin d’être ensemble au même moment.


Une relation qui mêle apprentissage et savoir, pratique et plaisir, n’est pas courante, vous m’aviez avertie avant de nous rencontrer, vous aviez insinué tant de choses que nous avons réalisées.

 

Indécence chiffonnée au creux des draps souvent froissés par nos corps enlacés… Aujourd’hui vous m’avouez être pressé de me rejoindre, votre envie ne se mesure plus, elle vous étouffe autant qu’elle me comble.

Nous sommes adultes et nous choisissons notre vie, une relation en parallèle de nos vies respectives, une relation qui nous excite de jour en jour davantage comme si l’interdit était jouissif et il l’est, oui c’est ce que suis en train de vous répondre alors que vous me posiez la question à haute voix !

Vous me regardez l’air étonné et plein de douceur, oui j’ai raison vous me le dites, en effet c’est jouissif et quel dommage d’être considérés fautifs par l’éducation stricte et rigoureuse de certains puritains ! Je ne suis pas fautive, ni vous non plus.

Cette complicité amoureuse nous rapproche dangereusement alors que nous n’attendions rien de durable ; le long terme nous effrayait et nous n’en parlions pas. On se l’était dit clairement, on s’y tiendrait encore une règle du jeu, pas de date de fin, pas de promesses, nous sommes libres !

Ce soir j’ai le sentiment que ce ne sera pas comme d’habitude, je suis là à vous attendre...


J’ai fait couler un bain parfumé, noué mes cheveux en chignon et pour bien faire, pour vous surprendre, je porterai du rouge vous n’en saurez rien, j’aurais enfilé un kimono brodé noir, afin d’attiser votre curiosité, le rouge et le noir, la passion dans la nuit…

Je me retourne, vous êtes rentré toujours en silence, je ne vous ai pas entendu. Je vous aide à ôter votre chemise, dénoue votre cravate et vous serre contre moi, vous sentez bon, ce parfum cette odeur c’est vous…Pas de doute je vous accompagne vers le bain qui est à bonne température, vous souriez je vous invite à vous y installer, non je ne viens pas avec vous. Je propose de vous délasser, après votre journée, harassante.  Je n’attends pas la réponse, peu m’importe ! Je vous veux à moi et désireux. Le bain vous l’aimez et surtout mes mains qui caressent votre peau légèrement dorée même en hiver, le baume est relaxant, une serviette chaude pour vous sécher et vous voilà sur le lit ...

Je suis là, vous prenez ma main et m’attirez contre vous, mon kimono s’entrouvre et vos mains le dénouent délicatement, je sais que vous aimerez cela autant que moi, tremblante, le cœur battant, je bascule à vos côtés vous êtes prêt, le rouge vous rend fou… Et de vos mains douces vous dégrafez, déboutonnez ce que j’avais choisi de porter, vous souriez à ma question : « Vous aimez ? » Je comprends à votre regard que…Oui vous aimez, tellement que je ne me souviens plus de nos paroles ensuite… Ni vous non plus, je crois, et nos corps se retrouvent, s’épousent dans la moiteur d’une fièvre intense, il fait bon sentir le désir nous envahir, nos corps ne nous appartiennent plus, ils sont comme ivres d’une même ardeur, d’une passion qui nous emporte, un tourbillon de bonheur, nos mains se cramponnent vous retenez votre souffle, tantôt sur, tantôt sous ...

C’est vous, c’est moi, le rythme, la cadence tout nous dépasse… Je vous presse de cesser et vous n’entendez que mon corps que je ne maitrise plus, vous souriez, je me ressaisis et c’est à votre tour de souhaiter la trêve je n’entends pas et m’applique, vos yeux se ferment, vous respirez plus fort et murmurez encore mon prénom, je vous sais au plus profond de moi… Je n’ai plus ni kimono ni dessous, le rouge et le noir se sont mêlés, emmêlés, nos peaux, nos corps, nos doigts, nos mains… Puis tout est calme, la petite mort dit-on… Le Jeu de nos sous-entendus !

 

Et si s’aimer de cette façon était la vraie façon d’aimer… Le jeu n’est-il pas plus attrayant que le plus beau des physiques, le plus tendre des sentiments ! Après tout qu’importait la beauté, vous n’êtes pas un super bel homme je ne suis pas une Miss... Nous n’avons ni affinités, ni attachement dans une vie quotidienne.

Nous avons juste suivi notre instinct, vous me le rappelez ce soir… Me le rappellerez-vous encore demain, combien de jours, de nuits ? L’aventure prend un tournant qui nous effraie et qui nous lie en même temps l’un à l’autre, nous ne voulions penser à rien, nous étions pourtant si sûrs de nous et nous sommes pris au jeu !

Ce jeu auquel je ne voulais jouer, je m’y suis prise aussi et plus que vous qui aviez les cartes en main et dirigiez nos premières parties, j’ai joué, je suis joueuse et les rôles s’inversent, la donne n’est plus la même. L’élève que j’étais a dépassé le maître ...

Vous semblez étonné, vous souriez, votre regard brille d’envie à l’instant où je vous dis : « Pari gagné » ! vous de me répondre :               « Je demande à voir » et moi : « Qu’à cela ne tienne ! »


Nous allons vite, trop vite et nous avons tardé à nous séparer, nous ne l’avons pas fait d’ailleurs, vous n’avez pas disparu après notre échange, c’est la première fois... Il nous reste du temps cette nuit. Ni vous ni moi n’avons envie d’autre chose, nous sommes restés près l’un de l’autre, nos mains se tiennent toujours. Nous avons dû nous endormir, aucun souvenir. Il ne fait pas encore jour, et vous ne rentrez pas chez vous, je suis heureuse ! Aurai-je gagné la partie ? Je souris et, dans la pénombre le clair de lune se fait plus lumineux, nos regards se croisent, vous avez ramené sur moi le drap, l’étreinte passée, notre respiration se confond au même rythme, contre vous ma peau, la vôtre, c’est doux c’est chaud ... Mon chignon s’est défait et mes cheveux retombent sur mes épaules nues, votre main s’égare à nouveau, je la retiens, vous murmurez : « Chut ne dis rien » ... J’obéis.                                        

Dans ce silence que rien ne dérange je me remémore notre histoire… Je découvre au fil de nos soirées, qu’un homme m’a appris à aimer, à être aimée, de façon différente, intense, indécente pour d'autres.

 

Ce petit encart dans mon magazine préféré habituel, mon regard captivé par une annonce amusante et pertinente à laquelle j’avais osé répondre.


Un homme, un quinquagénaire proposait une “rencontre insolite“ avec “jeune femme libre“ il fallait ne pas le rencontrer de suite, mais bien vouloir correspondre quelques temps pour éventuellement se découvrir quelques points communs et accepter de donner libre cours à son imagination… Lui faire confiance !

Il proposait de trouver un lieu pour la rencontre c’était direct, la demande était précise, l’aventure au bout de la nuit, une chambre, il en aurait la clé, prendrait rendez-vous et la jeune femme ne poserait aucune question, seulement serait là… C’était clair, c’était le jeu !

Ce serait donc chez moi, j’étais jeune et libre, personne ne m'attendait, ça ne me posait aucun problème, cette rencontre piquait ma curiosité et m'incita à accepter, seule ma conscience m’abandonnait, et je ne lui en voulus pas.

Je poussais un soupir et me tournai vers vous, vous, un homme pas totalement libre, ce n’était pas un souci, dans l’import-export, souvent en déplacements, vous n’aviez aucun scrupule à vous libérer à l’improviste en plus de nos soirées déjà programmées, tout était calculé.

 

Le jour pointe maintenant, vous êtes à mes côtés, non je n’ai pas rêvé vous n’êtes pas reparti, une merveilleuse nuit, vous me l’avez dit et redit… Puis tout contre moi, à mon oreille vous m’apprenez votre départ pour l’étranger, d’ici quelques jours, et vous m’avouez ne pas vouloir partir seul, ne pas pouvoir me quitter et renoncer à nos soirées, nos nuits...Tout cela nous dépasse.

Je suis sans voix, ma gorge se noue, mon cœur bat plus vite, vous m’embrassez doucement puis vos baisers se font plus pressants, insistants, chauds, aimants… Le souffle court, vos mains tiennent ma taille, mes reins se cambrent, mes bras vous enlacent, glissent le long de votre corps, ma tête sur votre épaule, mes lèvres lentement sur votre torse s'aventurent plus encore...Vous aimez, je vous retrouve près, si près, si fort... Nos sens s’affolent, nos corps dans une même ardeur s’accordent, chauds sans retenue... Et juste deux mots : « Tu aimes » ? » Oui j'aime, et je ne maitrise plus rien...


Emportés dans un tourbillon nous sommes envahis, submergés de désirs toujours plus fous, intenses, c’est trop … Oui trop, des baisers encore et encore, comblés, abandonnés, sans voix ou presque, enfin nous nous appartenons… Et le temps nous échappe, je vous suivrai demain et après… Jusqu’à toujours !

Vous m'avez emportée vers mes rêves les plus fous, je vous ai fait vivre les vôtres et nous continuons encore aujourd'hui même si les sous-entendus ne sont plus...

 

 Le jeu n’est plus.


Seule demeure la magie des sens…

 

À jamais.

 

 

 

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