ELODIE BASTIAN Les Fleurs de la Liberté

Ce recueil est un accomplissement personnel. La poésie a toujours été ancrée en moi, tantôt étant un moyen d'expression de mes sentiments, moi qui étais la petite fille timide et sensible, tantôt une force créatrice, aussi libératrice, mais que je n'osais faire apparaître au grand jour…

Au fil de ce recueil, on peut la voir, comme un fil conducteur, qui a contribué à mon éclosion en tant que personne, telle une deuxième vie. A travers mon parcours de femme, je voudrais m'adresser à toutes celles qui ont souffert de violences conjugales quelles qu'elles soient, leur donner un nouvel élan d'espoir et leur apporter ma soif de vivre positive, pour un nouveau départ. Une reconstruction assumée au grand jour est une nouvelle étape dans une vie. 

Ce livre est aussi adressé à tous ceux qui sont amoureux de la poésie, amoureux de la vie et à tous ceux qui sont aux printemps de leur vie. Ce livre est aussi un hommage aux personnes qui partagent ma vie et que je chéris. Merci à eux.

ELODIE BASTIAN

 

Quelques poèmes :

Portait

 Mon ami Pierrot

 Au clair de la Lune, bel astre livide,
Auprès de vous, je cherche à combler le vide.
Je prends ma plume pour vous écrire un mot,
Inspirez-moi mes rimes, pour sortir mes maux.

Le silence de la nuit fait écho au sien,
Ami Pierrot parti du jour au lendemain.
Sans réponse de lui, j'ai appris à accepter,
Que nos chemins devaient seulement se croiser.

Si ses larmes sur son visage sont dessinées,
Les miennes, qui ont coulé, étaient réalité.
La chanson dit "d'aller voir chez la voisine",
Trouver le briquet ? D’une autre amitié... Divine ?

 De l'ami Pierrot, c'était juste sa main tendue
Que je voulais qu'il me prête, rien de plus !
Encore des promesses pour des prunes,
C'est mieux ainsi, qu'il reste dans sa Lune !

Le clair de la lune, deux visages blancs :
Casanova, Pierrot, guignols du bon temps.
Oubliée telle une statue sur l'étagère,
Abandonnée, recouverte de poussière...

La chandelle de notre amitié semble morte
Il n'y a plus de feu. Je n'ouvrirai plus ma porte
Pour le consoler, le soutenir, rire...
J'accepte ce qu'il m'a laissé : nos souvenirs.

 2017

 

 

Amour

 

Pour une nuit

 

J’ai envie de me nourrir

A la douceur de tes baisers,

Me voir dans tes yeux désirée,

Faire renaître la flamme dans ton cœur,

Oublier mes pleurs et mes peurs,

Goûter ta peau sucrée,

Et dans tes bras m’éterniser…

Seulement découvrir avec toi le paradis.

Je ne te demande pas la chambre nuptiale,

Juste avec toi caresser les étoiles.

Mais ai-je le droit d’y penser ?

Je crois que je ne fais que rêver.

 

2006

 

Voyage

 

La noche Madrilena

 

Holà ma belle capitale espagnole !
J'aime te découvrir au coucher del sol,
Plaza de oriente ! Mon petit cœur pétille,
Je suis embarquée par la calor de Castille.

En talons aiguilles, sur les pas d'Almodovar,
Je parcours les rues animées des Tapas bars.
Je me sens accueillie, tu m'as ouvert tes bras
Et je m'enivre de la fraîcheur de tes sangrias.

Là, j'entends tes "r" rouler et tes airs chantés
Sur tes flamencos, où les jupes volent, "olé" !
Touchée au cœur, tel le taureau des corridas,
Mon souffle est coupé, quand baila la morena.

La noche esta caliente, Madrid au sang chaud !
Me rafraîchir sous les arbres du parc Retiro !
Un vent de liberté, voir las chicas en décolleté
Et sans pudeur, hommes, femmes s'embrasser !

Admirer Guernica de Picasso, divin !
Tu me ressembles : parlant fort avec les mains,

Chez toi, je me sens comme chez moi, gracias.
Partir en pensant déjà à revenir... quisas ?

2017

 

Texte philosophique

 

Le sol magique de Budapest

 

Il pleut à Budapest. Les flaques d'eau recouvrent les sols. Alors, je marche sur le palais des glaces reflétant, sous mes pas, les bâtiments, et comme d'un coup de baguette magique, je pénètre dans un univers féerique...

Me voici parcourir un sol de broderies de bohème où j’admire l'élégance du parlement, la blancheur et la finesse de ses tours de dentelles. Je me sens émue par les détails de tous ces personnages aux fleurs sculptées sur les immeubles qui semblent reprendre vie dans ce sol miroir. Je m'émerveille de ce bitume gris qui s'anime de plusieurs couleurs, tel un arc-en-ciel ondulant sur les flaques d'eau, au fur et à mesure de mes pas. 


Je me balade à travers les ruelles du quartier juif, à la découverte de chaque reflet fantastique puis, mon chemin se termine devant le Danube, le plus beau de ces miroirs magiques ! La vue semble m'attirer : le pont de chaînes dessiné sur le fleuve, que seules les péniches d'un trait osent effacer. Plus loin, mon regard retrouve le château de Buda où les rayons du soleil réapparaissent, tels des pépites scintillant sur les flots.


Un vieil homme aigri me rejoignit et ainsi me fit revenir à la réalité :

 "S'il vous plaît Madame, expliquez-moi pourquoi vous admirez ce sol plein de flotte et de boue ?

- Monsieur ce ne sont pas les flaques d'eau que je regarde, mais c'est toute la beauté qui s'y reflète et sa poésie ! Apprenez à regarder la poésie : si vous observez bien, on la retrouve partout, même par un mauvais jour de pluie !  C'est à vous de choisir : une flaque boueuse ou bien un beau paysage en reflet ? C'est un peu une façon de voir la vie plus positive, vous ne trouvez pas Monsieur ?"

 

2016

 

Texte engagé

 

L'illusionniste de l'amour

 

J'échange mes vers contre tes dures proses,
J'ai décelé tes illusions magicien d'Oz,
M'apparaissent tes mensonges en overdose,
Le tour est fini, regarde-moi si tu oses.

 

J'ai tant aimé le rapace grandiose,
Avec ses promesses embaumées de roses.
Sacrifiée au nom de l'amour osmose,
Cœur écorché, réalité sous hypnose,

 

Devenue poupée articulée, une chose.
Fin du Spectacle, me respecter s'impose,
Debout, fière devant toi je me pose.
Reconstruite, tu n'auras pas gain de cause.

 

2016