LIGNES DE VIES

Nouvelles de ce village au pied du Mont Roland                              

de MANY GAUDARD

 

Présentation par Serge Etiévant

 

Au-delà des lignes de son écriture, j’ai revu le vieux mur en face de chez elle, dans ce coin de Jura où nous étions enfants...
Chacun, au tréfonds de sa mémoire, préserve ainsi des instants vivants, des carrefours ombragés, des souvenirs de passants familiers, des destins rencontrés, et des histoires transmises ou vécues...
Dans son village de Sampans qu’elle n’a pas quitté, Many Gaudard les connait bien ces destinées, ces morceaux de vies locales qui, au fil des jours et des ans, ont aussi fondé les racines et les couleurs de sa propre existence.
Trempée dans l’encre de ce creuset d’authenticité, la plume ironique et documentée de Many papillonne ainsi d’un sujet léger à une fatalité tragique, d’un paragraphe confidentiel à une ligne espiègle.
Des siècles passés aux instants contemporains, dans le décor presque invariable d’une campagne franc-comtoise, ce recueil de nouvelles est une palette de trajectoires de vies et de destins peu communs, mais aussi de regards de femmes sur leurs propres destinées, leurs moments d’intimité de jeunes filles ou d’épouses, et les expériences esquissant les contours de leurs vies.
Serge Etiévant

 

                      

Préface de Michel Lagut


L’envie de lire se confirme au fil de la découverte des nouvelles que Many vient d’écrire.
Plus on avance, plus leur alternance, leur diversité, suscitent une curiosité croissante et permettent de passer un bon moment.
A travers ces textes, on perçoit la personnalité de l’auteure qui sans excès convie au conformisme, mais avec la volonté lucide d’une distance à l’endroit des principes sociétaux.
On apprécie l’observation, l’écoute des autres dans la douceur de l’analyse sous tendue par le désir de faire connaître les « lignes de vies ».
La légèreté de l’écriture, la fraîcheur des propos permettent de discerner les sensations de la vie, les besoins et les valeurs de personnages soumis à la succession des jours, mais à l’écart d’une quelconque mondanité.
Chaque lecteur appréciera ces originales chroniques et découvrira l’auteure promise à d’autres textes.
Félicitations à mon ancienne élève pour ce premier ouvrage qui révèle ses aptitudes à se dévoiler au regard des autres.

Il est divertissant de découvrir ces parcours singuliers qui permettent sans effort de s’exiler des réalités d’un monde parfois absurde ou barbare, d’autant que l’on est interpellé par l’authenticité des personnages.
L’ensemble affiche une bonne dose d’humour, cette buée sur la transparence qui voile la vérité fuyante, celle qui ne peut jamais être dite exhaustivement.
En résumé, on voit que les récits ont été pensés ; et comme disait Bergson : « Penser, c’est voir la réalité nue et sans voile ».
Michel Lagut