UN COUP D'OEIL A LA CULTURE JAPONAISE

de MASAO KOMAZAKI

 

AVANT PROPOS

L’INVITATION AU JAPON

 

Cet ouvrage n’a rien d’un guide touristique ordinaire ni d’un vadémécum à l’usage des ignorants. Ce n’est pas un « Japon pour les nuls »,  comme il est de mode à  notre époque, affichant distance et suffisance  à l’égard du touriste néophyte, censé se satisfaire d’un guidage objectif, exhaustif  et souvent aussi lourd qu’inutile. Masao Komazaki nous offre ici tout le contraire. Une invite respectueuse, subjective, modeste et passionnée à découvrir et connaître son pays tel qu’il l’aime et veut le faire aimer. Une œuvre d’ouverture et de partage. Un accueil à la japonaise, d’une politesse élégante, d’une délicatesse raffinée. Sur le seuil se dresse le « Torii », portail d’entrée des sanctuaires shinto, qui  magnifie cette invitation au voyage au cœur d’un Japon, profond autant que quotidien, éternel autant que contemporain. Nous le percevons par « le coup d’œil » de notre guide, cultivé et bienveillant, plus exactement de notre hôte, qui nous invite dans son pays comme dans sa maison, nous en fait visiter les architectures  et découvrir les beautés, tout en nous expliquant les usages et coutumes des lieux.

Le regard toujours personnel s’attache à ce qu’il connaît et apprécie, sans jamais s’attarder aux clichés convenus, estampes, Mont Fuji ; l’impasse est faite sur certaines particularités japonaises : Sumo, Mangas, Origami, Ikebana, qui ne sont pas, si l’on peut risquer le terme, « sa tasse de thé ». Le Kabuki est à peine évoqué, l’auteur préfère le Nô, il nous le fait savoir et nous invite à partager avec lui la représentation de sa pièce préférée !

Au fil des vingt chapitres, proposés comme autant d’étapes d’un trop court séjour, s’approfondit pourtant notre connaissance intime d’un pays attachant et humain qui surprend par sa proximité avec notre sensibilité occidentale, et singulièrement française.

Seules quelques villes sont ici évoquées, mais non les moindres, Tokyo, Kyoto, Nara, quelques images de la nature, mais essentielles,  cerisiers en fleurs, feuilles d’automne.

Les visites des temples et musées ne s’attardent que sur quelques œuvres, mais un chapitre entier  est consacré à l’Ecritoire de Koetsu , l’objet du Musée National de Tokyo que Masao Komazaki « aime le plus ». Ce voyage d’initiation intime et personnel nous permet au total d’entrer dans une relation vivante et bienveillante avec un pays trop souvent caricaturé ou méconnu.

Au final l’auteur nous livre la clé de sa belle entreprise et révèle  la genèse de son texte, somme toute une  double déclaration d’amour à son pays et à la langue française.

 

                                                                          Martial Maynadier