MENO

Méno, est née dans une petite ville de l'Eure. Retraitée de la fonction publique, très attachée à sa Normandie natale, elle a  réalisé un de ses rêves en écrivant ce livre.

DES COEURS DANS LA TEMPÊTE

Ce premier roman raconte l'histoire d'une quinquagénaire, retraitée depuis peu, qui va se mettre au service d'habitants d'un village sinistré par une catastrophe naturelle. Au cours de cette aventure  riche en péripéties, elle va rencontrer l'Amour, mais aussi, avoir le cœur bouleversé par un petit bonhomme répondant au prénom de Diégo.....

 

 

CHAPITRE   1

                                       Maussade, maussade, maussade pour ne pas dire triste à mourir que cette journée du dimanche 12 novembre, il n’est que 13h 15. La météo est déplorable et les informations télévisées semblent être faites pour mettre le moral des troupes dans les «chaussettes», relatant les multiples accidents de la route au cours de ce long week-end, annonçant du froid et de la pluie. Quant au programme télé par lui-même, il n’est pas plus réjouissant, nous proposant des films  déjà vus maintes fois.

 

J’en suis là de mes réflexions, assise sur mon canapé, une tasse de café fumant à la main. Veuve depuis plusieurs années, retraitée depuis peu, vivant seule (mes filles étant mariées) les journées se déroulent semblables les unes aux autres,  un peu tristounettes je dois l’avouer. Il faut à tout prix que je sorte de cette espèce de torpeur qui  m’envahit peu à peu.

 

Moi, Cathy  BERGER, quinquagénaire, j’ai passé la plus grande partie de ma vie à me mettre au service des autres, à militer avec ardeur pour mes idées, tant politiques que syndicales, et j’ai acquis une réputation de fonceuse, d’une personne qui ne baisse pas facilement les bras, et là je me morfonds dans mon salon, tournant en rond comme un lion en cage.

 

Il faut que je parle à quelqu’un.  C’est mon amie Alice GARCIA qui est désignée pour subir mes jérémiades. Alice est une «fille» épatante, d’un calme olympien, prête à écouter les doléances de chacun et toujours d’excellent conseil. Nous avons travaillé plusieurs années ensemble dans une collectivité territoriale, et bien qu’elle ait stoppé ses activités professionnelles pour élever ses enfants (tous mariés aujourd’hui), nous sommes restées très proches.

 

Je compose son numéro et la douce voix de mon amie m’accueille par un «allo, oui»

 

- Coucou Alice, c’est moi Cathy, je ne suis pas très en forme et j’ai besoin de parler à quelqu’un, j’espère que je ne te dérange pas .

 

- Je n’ai que peu de temps à te consacrer, je suis invitée à manger chez mes parents et déjà en retard.  C’est bizarre que tu m’appelles maintenant, je pensais justement à toi. Mais vas-y, qu’as-tu à me dire ? 

 

- Rien de particulier, je suis simplement démoralisée : mauvais temps, informations désastreuses etc…,on se demande parfois ce qui tourne rond sur cette satanée terre

 

- Je vois,  tu es en pleine période noire, il est grand temps que tu reprennes tes principales activités, c’est à dire venir en aide à ceux qui en ont besoin, et à ce sujet, j’ai en réserve ce qu’il te faut. Je ne vais pas pouvoir t’en dire plus long au téléphone car je dois partir, mais viens à la maison demain vers 16H, je t’expliquerai tout çà. Bisous, à demain Cathy.

 

-Attends, dis m’en un peu plus, de quoi s’agit-il ? 

 

- Non, non, demain à 16H, bye.

Voilà, elle a raccroché et moi je suis de plus en plus dépitée. Que se passe-t-il ? Qui a besoin de mon aide ? Pourquoi tout ce mystère autour de cette affaire ?

 

Toutefois, intriguée par l’annonce d’Alice, je commence à faire des recherches sur internet.  S’il s’agit d’une affaire syndicale, il me faut me renseigner sur les dernières réglementations. Sortir la liste des avocats de la région, et puis surtout,  remplacer mon code du travail, celui en ma possession datant d’une quinzaine d’années.

 

Ah oui ! j’oublie que nous sommes dimanche après-midi, et  difficile de trouver une librairie ouverte. Je remets donc cet achat à demain. Par acquis de conscience et  pour ne rien omettre, je fais une liste de tout ce qui me sera indispensable pour affronter cette bataille syndicale dans les meilleures conditions.

 

Mais, est-ce vraiment une affaire syndicale? Alice s’occupe aussi d’une association venant en aide à l’enfance défavorisée, c’est peut-être dans ce cadre là qu’elle a besoin de mon soutien et dans ce cas il ne m’est pas nécessaire d’avoir le dernier  «code du travail». Tout de même, elle aurait pu m’orienter quant à cette «affaire» il me serait plus facile de prévoir ce dont j’allais avoir éventuellement besoin, me voilà avec un casse tête de plus.

 

Inutile de me tracasser davantage, il n’est que 15H 45 et je n’en saurai pas plus avant demain. Pour tuer le temps je prends le roman policier que j’ai commencé deux jours auparavant et me remets sur mon canapé, confortablement appuyée sur de doux coussins, sirotant un nouveau café.