PARFUM DE CLE d'Arthur Gardine ...

 

Quelques remarques avant lecture :

 

       Imaginons un instant que nos grands poètes aient rédigé leurs œuvres dans la nouvelle orthographe préconisée en 1990 par le Conseil supérieur de la langue française !

        Soyons même plus téméraires. Nos auteurs seraient-ils encore lisibles et compris, leurs écrits ayant été débarrassés des consonnes doubles inutiles ?

Joachim Du Bellay:

Quand revérai-je, hélas, de mon petit vilage                     

fumer la cheminée, et en quèle saison . . . .  

Victor Hugo:

Venez, vous dont l’œil étincèle (La légende de la nonne) ... Apollinaire:

Et nos amours faut-il qu’il m’en souviène (Le pont Mirabeau)

Prévert:

Rapèle-toi Barbara, toi que je ne conaissais pas (Barbara).

Aragon:

Le temps d’aprendre à vivre il est déjà trop tard (Il n’y a pas d’amour heureux). 

        La poésie subtile de ces œuvres nous émeut en dépit de l’absence d’un purisme vieillot, remplacé par une écriture sérieuse. En effet pourquoi écrire “ je jette ” et “ j’achète ” alors qu’à l’oral le son est identique ? Il serait plus aisé d’écrire « je jète » comme nous écrivons « secrète », ou « je pèle ».

En outre cette adaptation à notre temps n’affecte pas la richesse de notre langue. ÉROFA, Étude pour une rationalisation de l’orthographe française, groupe composé de chercheurs et d’usagers, prône une approche plus hardie et réaliste de la réforme de l’orthographe que celle de 1990, sans laxisme mais lucide et pragmatique.

        Le doublement graphique des consonnes constitue la première source d’erreurs non grammaticales à l’écrit tant pour les enfants que pour les adultes.

Pourquoi écrire « chatte » avec deux ‘t’, alors qu’un seul sufit ?  Pourquoi ‘donner ‘ alors que nous avons « donation » dans nos dictionnaires ? Une simplification est donc plus que nécessaire.

         Cependant les doubles consonnes doivent être maintenues lorsque la prononciation de certains mots l’exige, comme les deux ‘c’ de accident, les deux ‘n’ d’ennui, les deux ‘r’ de surréalisme ou les deux ‘m’ de femme.

         Tous les soucis de notre monde ne disparaitront pas pour autant, mais avec cela, Madame la marquise, tout ira mieux si nous débarrassons nos contemporains et les générations qui nous suivront, de la hantise de fautes qui n’existeront plus en appliquant quelques principes simples dans les écrits du quotidien et en usant d’un français tout aussi riche, précis, nuancé, limpide que jadis mais plus accessible à l’ensemble des scripteurs francophones ainsi qu’à ceux qui aspirent à le devenir.

          Les chemins du savoir sont pleins de ronces, écrivait dans un de ses ouvrages Claude Duneton à qui l’auteur dédie le sien. La mission de L’ÉROFA vise à supprimer les épines de la langue française !

          Et cessons d’embellir constamment le passé et de faire croire que   ‘’c’était mieux avant’’. Organisons-nous de telle sorte que ce soit ‘‘encore mieux demain’’ a écrit Bruno Frappat, journaliste, récipiendaire du prix Richelieu 2017 à propos de notre langue.

 

                                     Fernand-Arthur Dujardin

                                     Membre de l’ÉROFA

 

 

 

 

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Dans ce second ouvrage l’auteur applique à nouveau les conclusions de EROFA[1] concernant l’orthographe sur la simplification des consonnes doubles. Le Dictionnaire de l’orthographe rationalisée du français, en y ajoutant le remplacement du X final par S et celui des graphies grecques et similaires par leurs correspondants français permet de rationaliser l’orthographe de près de 15 000 mots, soit le quart d’un dictionnaire tel que le Petit Robert[2].

Dans la préface de son Dictionnaire de 1935, l’Académie rappelle que « sur les 18 000 mots que contenait le Dictionnaire [de 1762], 8000 environ furent touchés par la réforme de l’Abbé d’Olivet ». Ce qui fut fait au XVIIIe siècle ne pourrait-il l’être trois siècles plus tard ?

Dans l’immédiat, il s’agit avant tout d’introduire un « espace de liberté », de laisser au scripteur le choix entre les graphies normées actuelles, avec leur cortège d’incohérences, et des graphies nouvelles plus rationnelles, de refuser à la fois le laxisme et le carcan imposé.

Le lecteur de l’ouvrage ne tardera pas à se rendre compte que cette orthographe ne nuit en rien à la compréhension du texte mais qu’il sache qu’elle en aura grandement facilité la rédaction. Que d’erreurs et d’hésitations auront été écartées !

Privilégier la logique, le bon sens, n’est-ce pas donner à l’orthographe française un nouvel élan démocratique, tant en France que dans la francophonie ?

Claude Gruaz

Membre du Conseil international de la langue française.

 

[1] Étude pour une Rationalisation de l'Orthographe Française d'Aujourd'hui

http://erofa.fre.fr, /  couriel : erofa@free.fr

[2] Vient de paraitre le Dictionnaire de l’orthographe rationalisée du français, éd. Lambert-Lucas, Limoges, 2018.

 

 

 

 

 

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 Le lecteur pourra être surpris en parcourant les premières pages, débarrassées des doubles consonnes inutiles mais il se familiarisera rapidement avec cette nouvelle écriture. Par ailleurs, certains personnages de cette fiction sont issus du premier roman de l’auteur, « L’histoire du chat qui n’en était pas un ».

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   Estimant le temps venu pour sa fille Jalna, d’afronter les réalités, après la perte de Jean leur chat remarquable et si particulier, Nancy se rendit à Rivas, afin de choisir l’un des chatons que sa bèle-soeur proposait d’ofrir à sa fille.

Enchevêtrés et endormis dans le confort d’une chaufeuse du séjour, ils ne manifestèrent aucun désir de s’extraire de leur somnolence, à l’entrée du Salomon de leur gémélité.

   Puis peu après Ficèle, la femèle, se passiona pour la récupération d’un jouet disparu sous un meuble, montrant ainsi qu'elle restait indiférente à son destin.

─ Alors, mâle ou femèle ? Observe et choisis, décida Stéphanie, après le diner suivi de cafés, en s’éloignant vers la cuisine.

   Dès qu’elle eût disparu, Chacha, le mâle, s’assit face à Nancy. Il éfectua deux cabrioles, deux roulés-boulés, ensuite trois culbutes et termina par un joli toneau. En se relevant il se dressa sur les pates arières et s'aplaudit.

  Hébétée, statufiée, anihilée par la révélation, Nancy parvint à peine à dire d’une voix rendue presque inaudible par le trouble :

─ Chacha, lorsque Stéphanie de retour dans la pièce, lui demanda son choix.

─ Va pour le mâle ! lança cèle-ci, mais Ficèle serait plus amène !

  Nancy prit congé sur le champ car seule la fuite pouvait endiguer sa confusion et le désordre de ses pensées. Sac à l’épaule et le chaton dans ses bras, elle parvint à adresser un signe amical de la tête à son ex-bèle-sœur qui lui proposait un coufin.

─ J’ai déjà celui de . . . Elle n’acheva pas sa phrase.

  La portière refermée, apaisée, il lui sembla que rien n'était jamais arivé pouvant afecter l’harmonie de sa petite famille.

─ Vous êtes très smart, mon cher, glissa-t-elle, très calme, en maneuvrant afin de s’extraire du petit parcage que Stéphanie avait fait aménager, peu après son instalation à Rivas.

  Jean fut étoné par ce mot car en dépit des origines néo-zélandaises de Nancy, celle-ci ne souhaitait s’exprimer que dans un français corect.

─ De plus, ajouta-t-elle cète petite cravate blanche vous done l’air british que vous aimiez.

  D’où tenait-elle l'information ? D’Henri, son fils ? Elle n’en avait jamais parlé.  

  Depuis le siège il parvint à sauter sur le tableau de bord qu’il tapota.

─ Oui, comprit Nancy, c’est un ludospace, ma nouvèle voiture, un barbarisme pas encore dans le dictionaire. Une ocasion trouvée huit jours après votre. . .

Elle s’abstint de prononcer le mot décès. Ils roulèrent ainsi sans qu’une parole ne soit prononcée durant quelques minutes. Soudain Nancy rompit le silence par un je le crois pas ça, je le crois pas, singeant son amie Nicole, imitant Christine Bravo.

─ Coment donc procéder avec notre entourage, s’intérogea-t-elle ? À Stéphanie nous ne dirons rien. Vis à vis d'elle, vous êtes et resterez Chacha. Vous avez bien fait d'être discret. Vous saviez que je viendrais un jour. Cela a pris du temps car après votre. . .  « départ ». . . ma fille Jalna refusait de voir la portée de Lily et par la même sa tante Stéphanie. Elle est toujours en Suisse avec mon frère, mais rentre demain.

    Nous-mêmes devrons rester silencieux devant elle sur votre véritable identité. Elle ne comprendrait pas que son cher Jean, chat tigré, soit parti, par euphémisme, « au pays des jouets » et qu'il reviène soudain tout de noir vêtu, ou presque. Elle le crierait sur tous les toits ce qui ne serait pas sans inquiéter nos proches et les parents de ses amies, sur la solidité de son psychisme. En parlant de vous, devant elle, nous dirons le chat ou bien Chacha.

   Quant à mon ami Olivier, pousuivit-elle, lors de votre accident, il n’a pas été trop surpris d’aprendre que vous veniez de chez les humains. Votre colaboration avait fini par le persuader que vous n'étiez pas un chat surdoué mais un humain, probablement en transit.

Avec les dispositions dont vous aviez fait preuve, il finissait par avoir des états d'âme. Désormais vos relations seront débarassées de la hantise de l’éfaroucher en révélant ce qu’il faut bien apeler une transmigration. Après votre … départ, j'ai passé quelques weekends à Paris, auprès de lui, sa présence m'a été d'un grand réconfort. Lorsque je lui aprendrai votre ‘retour’ parmi nous, il sera aussi interdit et incrédule que je l’ai été un instant devant votre prestation acrobatique, marque de votre identité.

   Come vous et moi, poursuivit-elle, il refuse d’admètre la réincarnation. D’ailleurs, y croire n’est qu’un acte de foi, à la réalité jamais vérifiée avant vous ni probablement après. Venir parmi nous par deux fois est tout à fait surréaliste. L'atester équivaudrait à une radiation de mon métier d'éthologiste !

  Nancy ne cessait de parler. Volubile, elle s’enivrait de mots afin de juguler son émotion et de contenir sa joie. Jean eut encore droit à du Christine Bravo avant qu’ils ateignent le portail de la Chaterie. En entrant dans la cour, Nancy révéla que rien n’avait changé depuis ces quelques semaines. L’informatique de dialogue, ainsi que l'avait apelée Nancy, toujours à sa place sur le bureau vénitien, était le dernier élément matériel atestant la présence passée de Jean et grâce auquel il avait pu laisser un message d’adieu avant d'être térassé par la morsure d'une vipère.

   Laissant Nancy entrer dans la maison, Chacha décida de s'assurer que le passage dans le mur, qui lui fut fatal, une dizaine de semaines plus tôt, était obturé.

─ Lucien l’a fermé dès le lendemain de votre accident, lui révéla Nancy, qui avait compris sa démarche, lorsqu’elle le vit revenir. Plus de vipère, ni de chat érant, désormais. Mais je suis largement responsable de votre fin brutale car en comptant sur le fermier pour obturer le passage, je n'ignorais pas que les travaux des champs lui interdisaient de venir toutes afaires cessantes. Soliciter l'artisan ayant procédé au ravalement des façades quelques semaines plus tôt était plus rationel. Il serait intervenu en enlevant aussi son encombrant tas de sable dont il devait débarasser la cour. Je suis venue vous chercher à point nomé, justifia-t-elle en riant. Vous avez ainsi évité les boites pour chatons. Quant à moi, je n’ai rien prévu pour vous alimenter selon vos désirs passés et je vais m’assurer que vous pourez accepter une part du contenu du réfrigérateur pour ce soir. Je ferai quelques courses à Toulouse demain.

   Jean opina de la tête. La chaise qui lui permétait, il y a peu, de se positioner en deux bonds sur le bureau, n’était pas à sa place et sa morphologie de très jeune félin, lui interdisait d’y sauter directement. En outre il devrait patienter plusieurs semaines encore afin d'être en mesure d’utiliser le clavier interdit à ses trop jeunes pates. Il révèlerait ultérieurement à son hôte que renonçant aux aliments en conserve, pour Lily, qu’elle apelait toujours sa fifille, Stéphanie servait désormais une préparation confectionée avec grand soin, faite de riz et de viandes hachées qui semblait acceptable à Jean n'ayant eu droit, jusqu'à son sevrage qu'aux bouillies insipides du comerce.

Il fut tenté d’aler sur le chemin où il rencontrait naguère le très vieux chat qu’il avait pris en afection. Mais n'étant encore qu'un chaton fragile, une proie pour les canidés divagants, il remit à plus tard le projet, préférant s'avancer jusqu’au lac, tout proche, déserté par les touristes des premiers jours d’automne. Aucun chien, même sans laisse, ne pouvait donc gâcher la bèle soirée étoilée qui s'anonçait, témoin d’un substitut de bonheur qui maintenant, le satisfaisait pleinement. Mais par prudence, il devrait rapeler à Nancy qu'un colier avec un numéro de téléphone était à nouveau indispensable......



Le chat qui n'était pas un chat ou Le Précepte du non chat

 

Préface

 

Le roman d’Arthur Gardine étonne à plus d’un titre. Premier roman d’un auteur dont la culture est plus orientée vers le management d'entreprises que la littérature, l’ouvrage témoigne d’une singulière maîtrise de la langue et d’un goût particulier pour l’esthétique de l’expression française. Avec une audace remarquable le rédacteur choisit en outre d’effectuer, dès son premier ouvrage publié, une modification radicale et inédite de l’orthographe française en usage en simplifiant les consonnes doubles, s’appuyant en cela sur les travaux d’EROFA dont il est membre. Claude Gruaz détaille dans son avant propos, tous les enjeux d’une telle démarche. 

Mais l’aspect formel n’est pas la seule originalité du livre qui nous est ici présenté. Le sujet lui-même, indiqué par le double titre, confronte le lecteur à une invraisemblance majeure que l’habileté du narrateur rend pourtant crédible d’un bout à l’autre de l’œuvre. Nous croyons à ce chat, qui n’en est pas un, et comme sa maîtresse nous cherchons à le comprendre, à le mieux connaître, à l’entendre dans la nostalgie de son état humain perdu, mais aussi dans ses considérations de lucidité et de sagesse quant à nos modes de vies et les améliorations qu’ils  nécessiteraient. Tous les personnages humains et animaux du récit sont par ailleurs attachants, proches, et nous deviennent au fil du texte des familiers qu’il nous semble avoir connu de longue date.

Les lieux, les décors, les anecdotes, les événements graves ou légers de la vie quotidienne acquièrent une présence surprenante par la grâce d’un style  tout à la fois élégant et direct, et nous sommes tenus en haleine par l’évolution de l’intrigue jusqu’au dénouement, inattendu et puissant.

Un livre jubilatoire, et utile, qui réjouira tous ses lecteurs. On en redemande.    

Martial Maynadier

 

 

Avant-propos de CLAUDE GRUAZ

 

Arthur Gardine est, à ma conaissance, le premier auteur à oser adopter une orthographe rationalisée, du moins sur un point, celui de la simplification des consones doubles. Audace inadmissible diront certains, ce n’est plus du français, on ne comprendra plus rien. Voyons donc ce qu’il en est dès cet avant-propos.

Une remarque s’impose imédiatement : malgré les modifications graphiques des mots, le texte est compris, qu’il soit naratif ou descriptif.

Est-ce à dire que la simplification ne perturbe pas le processus de lecture ?

On observe que dans ce roman le raport à l’oral est toujours maintenu, ce qui était une condition imposée dans les études préparatoires d’EROFA pour procéder à la réduction des consones doubles. C’est pourquoi les deux c de accident ou les deux r de surréalisme, qui sont prononcés, doivent être maintenus, de même que les deux n de ennui sans lesquels la prononciation de ces mots serait modifiée.

En revanche, des mots  tels que persone, vile, tèle sont lus sans dificulté.  Le raport à l’oral n’étant pas altéré par la simplification de la consone.

Mais sont-ils reconus et compris ?

Persone est à la fois lu, reconu et compris sans aucun problème.

Il n’en est pas de même de vile qui est aisément lu mais pourait être reconu et compris dans le sens de « abject », ni de tèle qui est certes lu mais pourait être dificilement reconu, le raprochement avec télé venant vraisemblablement contrarier la reconaissance du mot et,  par voie de conséquence, la compréhension du texte.

Or nous constatons  que l’accès au sens du roman n’est nulement perturbé. Cela est dû au fait que le sens d’un mot est toujours dépendant du contexte, lequel lève l’ambigüité possible, ce qui est le cas ici puisque la phrase évoque, en parlant du personage : « sa joie vive, tèle qu’une enfant peut la manifester ».

La simplification des consones doubles a plusieurs implications.

La réduction peut être le simple éfacement d’une consone, ex. bone pour bonne, atente pour attente. Mais l’éfacement n’est pas toujours possible, ainsi le doublement doit être maintenu aussi bien dans famille  que dans esquisse car les graphies famile et esquise seraient prononcées autrement.

Lorsqu’il est possible, le non-doublement doit parfois s’acompagner de l’ajout d’un accent, par exemple dans permètre, et cela pourait être cause d’ambigüité, come entre mettre et mètre ; le contexte là aussi lèvera probablement  tout ambigüité.  

Pour ne pas trop heurter les habitudes du  lecteur, l’auteur a maintenu le doublement dans quatre mots fréquents : «  elle, homme, femme, terre, » même si cela a pour inconvénient d’introduire des exceptions à la nouvèle règle.

Ces remarques  peuvent doner à penser que la simplification est dificile à apliquer et que, tout compte fait, il serait plus simple de conserver le doublement auquel on est habitué et qui ne pose pas de dificulté pour lire ni pour écrire puisque l’on conait l’orthographe des mots.

C’est précisément là qu’est le problème : coment est-on parvenu à conaitre l’orthographe des mots si ce n’est par un long processus d’acquisition qui prend en compte diférents facteurs tels que l’image ou la fréquence, mais surtout qui mobilise de nombreuses heures d’enseignement.

Cela n’est pas en soi un obstacle, bien d’autres matières font l’objet d’un long aprentissage. Mais plus grave que le temps consacré à cet aprentissage est le fait que le doublement ne répond pas à des règles logiques : pourquoi écrit-on patronner et patronage et… consonne mais consonantique ? Des raisons ont été avancées : on écrit rationnel et rationalité selon une « règle » qui impose de doubler la consone devant –el et pas devant -al, le premier étant « populaire »  et le second « savant », règle qui, elle aussi,  s’acompagne d’exceptions tèles confessionnal, décennal, etc..

Pour conclure, cète question au lecteur : avez-vous compris ces quelques lignes bien que les consones doubles inutiles en aient été éfacées ? Il est fort probable que votre réponse est afirmative, mais elle est peut-être acompagnée d’un « oui mais », ce « oui mais » signifiant : que devient alors notre « belle langue », et que deviènent les œuvres de nos grands auteurs ? Ce à quoi on répondra que nos plus grands classiques écrivaient sans doubler systématiquement les consones dans les mots où elles le sont aujourd’hui, c’est par exemple le cas de La Fontaine qui écrivait diferent, tranquile, atraits, conoît, ariere, quiter, etc.

La supression des consones doubles inutiles répond à une règle simple, facile à comprendre et à apliquer, qui ne peut que renforcer la conaissance et la pratique de l’orthographe. Mais ne nous hâtons pas, recomandons seulement que les graphies simplifiées ne soient plus considérées come des fautes. Ne sont-elles pas conformes aussi bien à la tradition qu’à la logique ?[1]

 

 

Claude Gruaz

Président d’EROFA (Etudes pour une Rationalisation de l'Orthographe Française d'Aujourd'hui)  

Membre du Conseil International de la Langue Française (CILF)

 



[1]               CF.  C. Gruaz (dir. 2013), Simplifier les consonnes doubles, Limoges, Lambert-Lucas,.